Présidentielles et propositions pour l'emploi
(présidentielles 2012)
Et attendant les mesures de l'Elysée,
Hollande propose :
- le contrat de génération (abaissement des charges sociales pour les séniors et les jeunes)
- emplois d'avenir pour les jeunes
- soutien au CDI.
Si globalement, ses propositions ont leurs avantages, elles ont aussi leurs inconvénients.
Le contrat de génération chassera de fait les non séniors et juniors de l'emploi.
L'emploi d'avenir pour les jeunes n'a de sens que s'il débouche sur l'apprentissage d'un métier ayant des débouchés professionnels.
Le soutien au CDI est quant à lui criticable. Un peu d'emploi c'est mieux que rien. Pénaliser la flexibilité c'est pénaliser les entreprises et l'emploi. C'est une mesure d'arrière-garde.
Bayrou propose :
- le made in France
- plein feux sur les PMI avec la restauration d'un organisme de financement dédié
- pas de chamboulement des 35 heures
Le made in France c'est du populisme creux.
Plein feux sur les PMI est par contre une nécessité absolue ; mais il faut aller plus loin encore en promouvant non pas la simple TPE de moins de 20 salariés mais favoriser l'émergence d'un tissu de EI (entreprise intermédiaire) de plus de 50 salariés et les soutenant à l'export.
Enfin, pas de chamboulement oui et non. Le chamboulement pour le chamboulement est négatif. Mais avec 4 millions de chômeur chambouler pour gagne à du sens. Et là le candidat Bayrou manque d'idée.
Le Pen propose :
- la réindustrialisation avec droits de douane
- la priorité aux PME
- les Français privilégiés
La réindustrialisation est une bataille d'arrière-garde sauf dans une logique à la marge. Le coût à payer sera une baisse de pouvoir d'achat voire pire un affaiblissement de l'export et des emplois qui vont avec.
La priorité aux PME : d'accord.
Les Français privilégiés : c'est simpliste et plein de déconvenus à la fin.
Dans l'ensemble, la critique qu'on peut faire c'est une faiblesse du soutien à l'entreprenariat à un moment où l'Etat fait faillite de toute part.
cajj
Et les législatives ? Le FN en trouble-fête
On peut légitimement s'inquiéter du haut niveau d'intentions de vote en faveur du FN pour l'UMP dans la perspective des législatives.
Que Nicolas Sarkozy perde ou gagne, on peut craindre une déroute UMP aux législatives dans le premier cas ou une grande difficulté à constituer une majorité dans le second.
Pour l'UMP, l'élection est à 4 tours. Se qualifier pour le second tour des présidentielles, gagner au deuxième, prendre l'ascendant au premier tour des législatiives et constituer une majorité au second.
Pour le PS, c'est quand même plus simple.
Le passage de Bayrou au-dessus de Marine Le Pen pourrait provoquer une chute de cette dernière mais ne rendrait pas les législatives moins simples.
cajj
Produit en France • Made in France
(prise de position)
cf : VV
Je me suis offert une ceinture pour Noël. Je vous parle ainsi de mon intimité , ce qui n'est pas de coutume.
C'est une Calvin Klein, avec une boucle moderne ; vous voyez le genre.
Et bien après achat, j'ai lu l'étiquette en cuir incrusté : "made in china". Je ne vous cache pas que pour un produit semi-haut de gamme, acheté en grand magasin, j'ai eu les bou…
Je reviens donc sur mon dada ! Quelle est l'ambition économique de Barak Obama, le président d'un pays où GM reste numéro 1 mondial de l'industrie automobile ? "Je veux que les Etats-Unis soient la première destination touristique au monde", s'est écrié M. Obama au parc d'attractions Disneyworld d'Orlando dixit Libération/AFP. Son objectif : créer 1 million d'emploi.
Petroplus c'est bien. Mais c'est un vestige du passé. L'avenir ne se s'invente pas en regardant son rétroviseur.
Petroplus ce n'est pas le génie français, ça n'a rien de French touch.
Demain, l'avenir est c'est d'abord la French touch. Donnons-lui les moyens de nos ambitions !
cajj
Présidentielles : Vers une drôle d'élection ?
(réflexion)
D'après les fondamentaux d'une élection présidentielle c'est-à-dire en raison du chômage et au regard de la faible cote de confiance du Président de la République, Nicolas Sarkozy s'avance vers une défaite inéluctable. Inéluctable, vraiment ? Telle est ma conviction, mais je confesse avoir l'ombre d'un doute.
Sondages : où en est vraiment le candidat Sarkozy?
Avec un 44% contre 56% pour François Hollande, l'affaire est très bien engagée pour ce dernier. Mais…
Mais, le candidat Sarkozy a engagé une dynamique positive. Ce nouvel élan lui a permis de remonter de 39,5% à 44% des intentions de vote pour le second tour en 3 mois. Si les sondages sont imprécis dans l'étalonnement des niveaux, ils ont toujours vu le sens des courbes. A ce rythme celle de Hollande pourrait croiser celle de Sarkozy avant l'élection présidentielle au bénéfice du sortant.
Pourquoi je ne crois pas en la victoire de Sarkozy
Certes, le redressement est là. Mais le niveau du candidat Sarkozy reste faible. Aussi peut-on considérer qu'il s'agit d'un rééquilibrage technique, aucune élection ne s'étant jouée au-delà du 55,8%-44,2% infligé à Mitterrand par de Gaulle. Cela reste le record des affrontements droite-gauche.
Ajoutons que François Hollande connait une panne de campagne ; il ne pourra qu'être meilleur à l'avenir.
Pourquoi je me trompe peut-être
D'abord, constatons aujourd'hui une fluidité des électorats qui s'accélère. Devant l'échec répété de la gauche socialiste et de la droite républicaine et centriste, l'électeur ne croit plus à grand chose. Si Sarkozy est bas, constatons que le niveau cumulé de la gauche est très bas également.
La crise symbolisée par la perte du AAA a deux conséquences. La première est de démolir les espérances et promesses de gauche, car désormais, plus rien n'est possible. Dans un tel contexte, on peut s'interroger sur le report à gauche en faveur d'un François Hollande au programme socialement atrophié. La seconde c'est le réflexe du capitaine dans la tempête, et le réflexe de survie qui veut qu'on ne change d'équipe dans cette tempête. J'avoue avoir longtemps regarder avec un scepticisme sévère un tel argument (n'est-ce pas chers lecteurs et internautes !). Je concevais que la tempête était bien trop faible pour ne pas changer une équipe qui perd ; la perte du AAA change le cours des choses ; non seulement l'Etat est au bord du gouffre mais maintenant plus personne ne peut le nier.
La somme de ces deux conséquences, l'absence d'espérance à gauche et une tempête qui prend l'allure d'une vraie dévastation, est vraisemblablement en train de bouleverser les cartes traditionnelles de l'élection présidentielle. En tous les cas, mes propres repères vacillent.
cajj
Sarkozy ou le syndrome Giscard (2)
(réflexion)
Décidémment, je trouve un certain nombre de proximité entre Giscard 81 et Sarkozy2012.
En 1981, Jacques Chirac n'a pas appelé à voter pour VGE le soir du premier tour. Chirac a sa part de responsabilité dans la défaite Giscardienne. Longtemps, j'ai omis la responsabilité de Giscard dans cette affaire. La responsabilité de Giscard était d'avoir l'attitude, les gestes qu'il faut pour ne pas s'aliéner Chirac et les Rpr chiraquiens.
A partir du moment où la stratégie Sarkozienne est d'emporter le premier tour, alors c'est à lui de faire les gestes qu'il faut pour conserver ses alliés. Sarkozy a une responsabilité certaine dans ses relations avec Morin, Boutin, et même Villepin et tous ceux qui les entoure. Douste-Blazy soutient Bayrou, c'est un échec de Sarkozy.
C'est curieux cette façon de faire l'ouverture en début de mandat alors qu'on a besoin de ses soutiens pour la présidentielle nouvelle, en fin de quinquennat.
Sarkozy est un avocat, un professionnel libéral. Comme par hasard il a un relationnel difficile avec son entourage "professionnel".
Depuis 1974, nous n'avons que des avocats et des énarques à la tête de l'Etat. Ce sera la même chose avec en 2012. Et c'est bien dommage.
cajj
En mode dynamique : une autre administration des finances de l'Etat
(proposition)
Le cas de la mise en œuvre de la TVA sociale
La croissance est un déséquilibre. Seule la mort est un équilibre parfait : plus rien ne bouge. A travers l'exemple de la TVA sociale, cet article veut promouvoir l'idée de la dimension dynamique de la mise en œuvre.
Mettre en place une TVA sociale consiste à changer l'origine du financement en l'occurrence celle des ressources financières de la protection sociale. Une part de la protection sociale n'est plus alors financée sur les charges sociales pesant sur les seuls salaires mais aussi sur la consommation et les consommateurs.
Changer de mode de financement n'est pas indifférent à l'économie et ses acteurs. Ce système a des ambitions économiques : promouvoir les travailleurs et produits français. Evidemment, il ne s'agit pas d'une révolution mais d'un outil.
La façon de le mettre en œuvre est un second outil que je veux croire totalement sous-estimé.
On prend d'un côté ce qu'on redonne de l'autre. Faire cela, c'est le faire dans un temps synchrone. Procéder à de l'asynchrone, autrement dit une mise en œuvre à des temps décalés, créer un différentiel, impulse une dynamique.
Je propose donc :
- A temps 1 : baisse des charges sociales patronales à hauteur de 90 milliards
- B temps 1 + 6 mois : augmentation de la TVA à 25%
- C temps 1 + 12 mois : bilan intermédiaire de la croissance, de la croissance de l'emploi et de masse salariale et de la rentrée fiscale.
- D temps 1 + 15 mois : augmentation forfaitaire des salaires et augmentation des charges sociales patronales pour ajuster les recettes prévues aux recettes effectives.
Au temps A, les entreprises s'approprient des moyens pour renforcer leur trésorerie, puis investir, puis renforcer les équipes pour attaquer de nouveaux marchés, puis augmenter les salaires.
On donne alors un point d'appui au développement de l'offre (i.e. la production des entreprises) et la TVA sociale finance l'innovation et l'investissement.
En B, on rééquilibre les comptes.
En D, on ajuste les comptes et on dynamise le développement de la demande.
Fondamentalement, la situation entre A temps 1 + 1 jour, peut être assez différente de celle de C temps 1 + 12 mois. Et c'est cette différence qui peut faire la différence. La mise en œuvre n'est plus neutre, elle devient positive (si elle réussit, négative dans le cas contraire).
cajj
Bonne année
Bonne année 2012 !
Je souhaite à chacun et à tous mes meilleurs voeux pour l'année nouvelle.
Davantage que de bonnes choses, je souhaite surtout que l'année épargne la santé de chacun et préserve l'emploi de celles et ceux qui sont sur le long chemin entre les études et la retraite.
cajj
Jeu : choix budgétaire
On trouvera ici un jeu web pour réfléchir aux déficits budgétaires.
Bien sûr les choix sont limités et manquent d'imagination, mais le tout est d'excellente vertu pédagogique.
"Sauvons l'industrie" : slogan cache misère
(prise de position)
Dans la crise que nous traversons, il y a trois dimensions :
- la crise économique ;
- la crise financière ;
- la crise de la dette.
La crise économique tient à la baisse relative de la compétitivité de nos entreprises en concurrence avec le reste du monde
La crise financière est celle des banques qui en raison de risque mal évaluée et d'insolvabilité d'emprunteurs, deviennent timides et peureuses à l'endroit des autres banques L'argent ne circule plus ; le système se grippe bien que la pluapart des banques fassent d'énormes profits.
La crise de la dette est celle des Etats. Elle fait courir un risque de faillite où comme dans un jeu de domino, le premier qui tombe entraîne la chute des autres. De plus, les Etats n'ont plus d'alternative à l'austérité, c'est-à-dire à dépenser moins que les recettes pour rembourser les dettes ; depuis 30 ans, nous avons vécu à crédit, c'est-à-dire qu'on a payé les salaires des fonctionnaires sans avoir l'argent.
Alors, on parle de redonner une compétitivité à l'industrie.
C'est voir voir l'avenir dans le rétroviseur. C'est nostalgique. C'est affectif.
Non, demain nos usines ne seront pas le pourvoyeur d'emplois pour tous. Facebook c'est en 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires ; c'est 7 ans pour 1 milliard ; Facebook ce n'est pas de l'industrie, c'est de l'internet.
Bien sûr, on a raison de soutenir l'industrie.
Mais plus encore, il faut une stratégie d'activité pour la France. La France n'a pas vocation à être mono-activité. Il y a un génie français. Il faut donner à ce génie les moyens d'entreprendre.
En particulier, il faut définir une stratégie de financement du développement économique. Et là, on reboucle sur la crise financière et de la dette. Jamais un facebook n'aurait pu naître en France faute de soutien financier. Quelle place stratégique de l'Etat dans le financement du développement de l'activité économique ? Voila la question
cajj
Présidentielles 2012 : la campagne à son tournant
(réflexion)
Le déficit s'impose dans le débat
La campagne présidentielle était en train de connaître un tournant majeur. Enfin, la vraie situation de la France fait son entrée dans les débats et demain dans les programmes.
Aujourd'hui, l'Etat français est en position de survie financière. Cette situation n'est comparable à aucune autre dans notre histoire, à horizon de cent ans. Il n'a pas d'alternative que que de se mettre au régime.
Il n'y a plus de marge de manœuvre. Donc la question n'est pas : à quelle priorité va-t-on employé ces marges de manœuvre ?
Sarkozy remonte…
Encore une fois, je continue à ne pas croire probable une victoire de Nicolas Sarkozy. Mais les sondages le donnant perdant avec 39% des voix au second tour sont virtuels. En France, l'élection se joue entre 45% et 55%.
Cette irruption se fait à "son avantage". On commence à le dédouaner de certains résultats économiques. On observe ses actions et ses résultats incontestable dans la gestion internationale de la crise.
…jusqu'à la victoire ?
Le PS garde comme point de faiblesse : faire le grand écart entre le centre et "l'extrême gauche" (les verts, Mélenchon, NPA-LO…).
Aubry avait l'avantage de pouvoir dialoguer avec sa gauche.
Pour Hollande, cela devient bien compliqué. Son entrée en campagne est complètement ratée à cause de cela.
Si Hollande intègre totalement la crise dans son programme —et son pragmatisme pousse en ce sens— cela pourrait provoquer une cassure avec l'électorat sur sa gauche. Cet électorat ne se reconnaîtrait pas dans un programme proposant le retrait de l'Etat et de la protection sociale.
Mais…
mais je ne sais pas jusqu'à quel point l'électorat de base croit au lendemain qui chante, à la rupture avec le capitalisme ou est résigné mais souhaite s'exprimer, se défouler par un vote Mélenchon-Joly-Lartaud etc. S'il est résigné, l'anti-sarkosysme fera le ciment de la future majorité présidentielle.
Dans le cas contraire, j'ai l'ombre d'un doute.
cajj
Les dettes en carte
La carte. Le représentation graphique. Comment dire les choses sans un mot. Et pourtant en étant tellement signifiant.
Le géographe était un objet rare, médiocre et désœuvré. L'informatique, les bases de données, les outils cartographiques lui ont donnée une nouvelle plénitude.
Voir la carte du monde : géographie et temporalité de la dette. Instructif voyage !
cajj
Favoriser la mobilité des salariés
(proposition)
CONTEXTE
L'emploi passe aussi par la mobilité professionnelle.
Cette mobilité professionnelle est importante lorsque le salarié perd son emploi, mais elle également importante pour que le salarié construise un parcours professionnel.
Cette démarche est d'autant plus importante que la moitié des salariés travaillent dans des TPE-PME dans lesquelles n'existent pas ou peu de possibilités d'évolution.
PROPOSITION
Rendre obligatoire (conventionnellement) la réalisation de stage (de découverte) du métier, obligation qui s'imposerait aussi bien à l'employeur (pour recevoir des stagiaires ou en autoriser) qu'au salarié.
Ainsi, une caissière de supermarché ferait un stage dans une entreprise de nettoyage et comme vendeuse à la boulangerie.
COMMENT
Faut-il le faire hors temps de travail ? Une semaine ou un jour ? Tous les ans ou tous les 5 ans ? Rémunéré ou non rémunéré ? En doublon, seul au poste ? Accompagné avec une évaluation EMT [Evaluation en milieu de travail] ? Le salarié devant ou non informer son employeur de son stage ?
Je n'ai pas de préférence ; cela ne me semble pas stratégique.
cajj
ALAIN MADELIN
Les emplois ne sont pas une richesse préexistante... Ils sont à inventer et les inventeurs d'emplois s'appellent les entrepreneurs.
Alain Madelin
La Grèce, l'Europe, Euro, Monnaie unique et monnaie commune
(Prise de position)
Je soutiens la décision du Premier Ministre Grec de consulter son peuple pour autant qu'il prenne les dispositions nécessaire à une vote serein. Je pense ici à la programmation des élections générales quel que soi les résultats du référendum. C'est au peuple grec, en dernier ressort, de choisir son destin.
Il est invraisemblable que l'on ait donné l'ordre aux banques de s'asseoir sur leurs prêts à la Grèce. Et pourquoi pas sur les miens ! Que les Etats garantissent les prêts au nom de la sécurité financière du monde et des peuples, c'est une bonne chose, mais aux Grecs de payer ce qu'ils doivent. Il est concevable de ne pas faire payer les intérêts, il est concevable d'allonger les annuités. Il n'est pas concevable de faire un cadeau à un peuple dont tous les témoins vantent le don pour l'économie au noir. Non les Grecs ne sont que des victimes d'une administration impécunieuse. Oui les Portugais, les Espagnols, les Irlandais sont des peuples qui assument leur responsabilité dans la dignité. Je refuse la sensiblerie qui guide les politiques médiatico-sociales d'aujourd'hui : confondre ceux qui sont en difficulté avec ceux qui pleurent ou défilent à la télévision.
Grâce au référendum, ou le peuple grec assumerait le remboursement de la dette, ou le peuple grec partirait avec sa dette bancaire et sa monnaie nationale.
Je défends depuis des années dans ce blog, en me faisant l'écho d'Allais ou de Todd, je me fais l'écho d'une logique à organiser les zones économiques, un libre-échange avec des pays comparables. Cette position est la seule qui vaille. Oui à l'intégration de tous dans l'Europe mais le niveau d'intégration doit correspondre à chacun.
Enfin, on a abandonné sur l'autel médiatique, l'idée lumineuse d'un Euro, monnaie commune. Et oui. Il est trop difficile d'expliquer la différence entre monnaie unique et monnaie commune. De la même façon qu'on peut acheter dans le monde entier en payant avec des dollars, il fallait que les pays européens adoptent une nouvelle monnaie l'euro sans supprimer leur monnaie nationale ; on aurait mis ainsi de la souplesse dans les rouages ; la Grèce n'aurait été condamnée à suivre le rythme de l'Allemagne ; elle aurait pu néanmoins payer ses achats en euro.
L'Europe, l'Europe, l'Europe. Il faudra bien un jour reconnaître que l'Europe n'est pas la terre de croissance et de prospérité promise. Il faudra bien un jour la remettre à sa place : l'Europe est un moyen avant d'être une finalité.
cajj
Dupe ou pas dupe
(réflexion)
L'électeur de gauche est-il dupe de l'avenir ? Voilà une question à laquelle je n'ai aucune réponse. Je pense qu'elle est centrale dans l'évolution de la campagne et des sondages des uns et des autres.
L'électeur de gauche vote-t-il Hollande pour quitter l'austérité, pour basculer dans une autre politique ? ou vote-t-il Hollande parce Sarkozy lui est insupportable.
L'électeur de gauche croit-il qu'il existe une voie pour dépenser plus, pour plus de fonctionnaires, plus de services publics, plus de prestations, moins de sur profite et sur dividendes etc. ?
Néanmoins, je cite le dernier sondage IFOP pour Dimanche-Ouest-France. Affaire à suivre.
http://www.ouest-france.fr/
cajj
La création monétaire : le concept central de la prospérité
(repères)
La croissance, l'augmentation des salaires sont un déséquilibre.
Marcher est un déséquilibre. vivre est déséquilibre ; seule la mort est un équilibre.
Pour que la croissance existe, il faut la création monétaire.
Pour une croissance de la production et des échanges, il faut une croissance de la monnaie, de la quantité de monnaie.
Le blog Création monétaire est centré avec talent sur cette question essentielle et néanmoins un peu complexe.
Je vous conseille vivement sa récente vidéo "Comprendre la dette publique" ; certes, quelques approximations subsistent mais le tout est bien rendu.
cajj
Les premières actions de François Hollande Président de la République
(Réflexion)
Le fantasme de la relance !
Les premières décisions de François Hollande Président seront :
- augmentation des impôts surtout sur les classes moyennes et pauvres
- baisse des fonctionnaires, avec le non remplacement d'un sur deux
- baisses des prestations sociales
- report de l'âge de la retraite à 65/67 ans
Je blague ?!!! Non, pas le moins du monde. Le futur Président n'a pas le choix. Cette fois-ci l'Etat est en quasi cessation de paiement. L'augmentation des impôts sur les riches est un propos de campagne, pour faire gauche. Une simple règle de trois permet de voir qu'une taxation même non marginale sur les riches règle le problème à 10%, et laisse le trou intact à 90%.
A 2,25% de croissance, on peut rêver à des marges de manœuvre et avoir un soupçon d'initiative. Et les socialistes en avaient rêvé avec concoctant leur programme.
Avec 1%, le prochain président devra être pire que Fillon-Sarkozy en termes de rigueur. Cela se fera au grand dam de la reprise à court terme mais sauvera les possibilités d'après de 2017-2022.
Le fantasme de la relance !
Nicolas Sarkozy a été le premier au côté d'Edouard Balladur en 1993 et au début de son quinquennat en 2007, a choisir la relance contre la rigueur. Pendant des années, il s'est battu pour ne pas augmenter les impôts et il l'a fait. Pourquoi aujourd'hui renonce-t-il à cette politique et fait d'impopulaires augmentations d'impôts ? Parce que l'Etat est en quasi cessation de paiement, et ceci n'est pas une formule mais une réalité.
Oui mais Mélanchon nous dit que l'Etat doit bien pouvoir s'endetter à hauteur de 30% comme pour un ménage qui fait un emprunt immobilier.
Pourquoi pas ! Alors regardons la réalité.
Soit un PIB (le chiffre d'affaire de la France) de 2000 milliards d'euros.
Soit une déficit de 150 milliards d'euros.
Soit un déficit sur PIB de 7,5%.
On n'est donc loin de 30% de Mélanchon. Et bien non. Les 30% c'est le remboursement de la dette par rapport au revenu du ménage. Le taux qui nous intéresse alors est le remboursement de la dette de l'Etat par l'Etat et non pas par nous directement.
Soit un budget de l'Etat de 550 milliards d'euros.
Le poids de le dette pour l'Etat est de 150 / 550 = 27%. Je vous renvoie au camembert sur votre feuille d'impôts.
Et comme la situation s'aggrave on va inéluctablement vers un taux à 33%. C'est la première fois depuis 1945, qu'on se retrouve dans cette situtation. Le déficit n'est pas peu ou élévé ; ce n'est pas un débat partisan ; il est au-delà du maximum non raisonnable mais tout simplement possible. Il entraîne tout droit l'Etat à la faillite et cela est un fait objectif : ce que la Grèce vit est un risque majeur en France comme en Italie, en Espagne, …. Et en Grèce ce sont les pauvres qui trinquent les premier et en particulier les fonctionnaires à faible revenu !!!
cajj
L'effondrement Royal : quelle leçon ?
(Repères)
A quoi tient un destin ? A un fil !
Chantal Jouannot disait fort justement que ce qui manquait aux femmes politiques c'était une capacité à être de véritable tribun, art oratoire à l'accent guerrier. Ségolène Royal a ce talent, non qu'elle soit martiale, mais elle est évidemment habitée.
Malgré son charisme, malgré son talent incontestable, tous les électeurs où presque lui ont tournés le dos. Pourquoi ? Si elle avait été Secrétaire générale du parti, si les urnes bourrées lui avaient souri ce facheux week-end-là, son avenir en eut été changé. De plus, elle n'a pas tiré les leçons de ses failles. Enfin, elle a fait campagne dans les cités, là où j'imagine que le nombre de votants a été faible.
Sans entrer plus avant dans une analyse de fond, nous nous contenterons d'observer une loi de la dynamique électorale : les électeurs ne votent pas pour les perdants.
Dans cette élection, a priori Royal-Hollande-Aubry incarnaient les 3 gagnants possibles. A l'inverse, Baylet-Montebourg-Valls, les portes-drapeaux d'une conception (socialiste) originale du présent et de l'avenir. Quinzaines après quinzaines, les sondages ont refusé de placer Ségolène Royal dans le duo de tête. A la fin, ses électeurs l'ont lâchée, soit pour voter utile, soit pour renforcer un courant, soit pour aller à la pêche.
Ainsi, pour l'élection présidentielle, si le challenger s'affaisse dans tous les sondages au-delà du classique (53%-47%), il est à craindre un effondrement le jour du deuxième tour. Il en est de même des élections législatives : les électeurs se mobilisent au second tour pour les deuxièmes quand ils sont de bons challengers, et les abandonnent quand une claque est annoncée. Bien sûr les candidats peuvent changer le cours des choses, mais rien n'est plus difficile.
Enfin, Royal ne croyait pas aux sondages qui la donnaient perdantes. Les sondages avaient du vrai. Nicolas Sarkozy est donné perdant, si les élections avaient lieu dimanche, il perdrait.
cajj
VIVE UNE DEGRADATION DE NOTRE NOTE AAA
(prise de position)
J'ai longtemps espéré que la gestion des finances de la France nous permettrait de maintenir notre AAA.
Aujourd'hui, j'espère le contraire.
Une dégradation de notre note nous obligerait plus encore à mettre sur la table nos vrais problèmes. Quels sont-ils ? L'Etat et la Sécurité sociale financent à crédit leurs (nos) dépenses. Le déficit est tel que nos capacités d'endettement sont bientôt proches de zéro. Nous n'avons pas le choix, il faut réduire, voire supprimer ce déficit car nous ne pouvons plus l'assumer.
Comment ? En augmentant les recettes et en diminuant les dépenses !
Augmenter les recettes, c'est augmenter les impôts. Peut-on le faire ? Comme notre niveau d'imposition est déjà très élevé, parmi les plus hauts du monde occidental, une nouvelle augmentation pénaliserait la consommation et l'investissement, donc la croissance. On peut augmenter les impôts mais on ne peut pas les augmenter à la hauteur de notre déficit.
Sur les riches, sur les entreprises, sur les classes moyennes et pauvres ? Sur les riches, pourquoi pas, mais ils sont tellement peu nombreux que même lourdement imposé leur contribution serait assez modeste ; par ailleurs, trop imposer les riches, c'est les faire partir de France, au risque de les voir partir avec leur argent, leurs impôts et leurs emplois ; c'est donc contre-productif. Les entreprises ont le mandat de gagner la compétition internationale ; en aggravant leurs impôts, on alourdit leur fonctionnement, on encourage les importations, les délocalisations et on joue contre l'emploi en France. Donc, les augmentations sur les riches et les entreprises ne peuvent être que modérées. Reste nous, les dites classes moyennes pauvres ; mais si nous sommes trop imposés, notre consommation va fléchir et l'économie avec. Par ailleurs, ne croyons pas que c'est le voisin qui va payer plus d'impots.
La solution la plus importante est la baisse des dépenses étatisées. Pour ce faire, il n'y a pas d'alternative à décider de priorité et de non priorité. Puis à couper les budgets pour ces non-priorités.
Tout est relatif, tout est même très relatif, mais aujourd'hui entre conserver un niveau de remboursement des soins et conserver des allocations familiales pour les enfants à naître (pas pour les enfants nés, bien sûr), le choix est vite vu.
A-t-on besoin vitalement de tant de chaînes de télévision publique : France 2, France 3, France 4, France 5, France O, Arte, France 24, France 3 région, et j'en oublie une ? TV5 Monde
Quel intérêt à une dégradation du AAA
La dégradation du AAA, c'est le renchérissement des intérêts à payer à nos prêteurs. Pas plus que les Grecs, nous n'en avons pas les moyens. Ne pas avoir les moyens, c'est entrer en cessation de paiement , C'est ne pas être en capacité de payer les salaires des fonctionnaires à la fin du mois, ou les retraites, en tous les cas du 15 décembre au 30 décembre, et chaque année 15 jours de plus.
Quand je vois les Primaires socialistes, je m'inquiète. Les candidats socialistes font comme si les lendemains qui chantent étaient à porter d'élection. La question n'est plus "quelles sont nos priorités de nouvelles dépenses ? l'écoles, la santé, les indemnités chômage, la retraite à 60 ans…", mais quelles sont nos priorités d'économie et de non-dépenses.
Une dégradation du AAA permettrait, très certainement, de faire basculer la campagne présidentielle sur ce terrain, c'est-à-dire le terrain des vrais enjeux pour la France.
L'Etat providence est quasiment mort et l'heure est à la répartition des restrictions.
cajj
L'alternative Juppé ou la blague du mois
(actualité)
Ceux qui pensent que Juppé serait un meilleur candidat que Sarkozy veulent ignorer la structure au profil de la conjoncture.
Non le résultat des élections n'est pas celui d'une campagne.
Oui, le résultat des élections conclut le chemin d'une vague de fond.
Certes Alain Juppé incarne une image de sérieux et d'intelligence. [Bien que de mon point de vue (partial ?), il est arrivée à son niveau d'incompétence en devenant Premier ministre ; c'est un haut énarque fonctionnaire mais un piètre politique].
Mais que ce soit Fillon ou Juppé, l'écart est tel et l'électorat restant l'électorat, que leur impact serait faible, trop faible. De plus, si une qualité doit être reconnue à Nicolas Sarkozy, c'est d'être un fabuleux homme de campagne.
cajj
