Depuis 1977 et son premier épisode, j’avais alors 10 ans, la Guerre des étoiles exerce sur moi une certaine fascination. Au-delà du spectacle, au-delà de l’intrigue, je suis toujours resté stupéfait que cette histoire connaisse un retentissement assez universel. Il me faudra jusqu’à l’été 2015, soit près de 40 ans, pour commencer à y voir clair. Je confesse ma dette à une émission de radio où l’intervenant Paul-Georges Sansonetti, universitaire à ses heures, m’a décillé les yeux.
La Guerre des Etoiles, premier space opéra de l’histoire du cinéma n’est pas un simple western. De toute évidence, Georges Lucas, son réalisateur, est aller puiser dans le symbolisme des traditions. En particulier, il a été l’élève appliqué des leçons du professeur Joseph Campbell. Celui-ci, profondément marqué par Jung, a proposé, dans un ouvrage rendu célèbre depuis, une théorie unificatrice des principales histoires spirituelles du monde ; dans son essai « Le Héros aux mille et un visages » paru en France sous le titre « Les Héros sont éternels », le professeur Campbell a exposé sa théorie du monomythe, affirmant que tous les mythes héroïques suivent les mêmes schémas archétypaux : une quête initiatique qui commence par une séparation de la société/famille, une initiation avec ses victoires avant la réintégration.  
S’il existe une lecture ésotérique de cette histoire, la richesse de cette saga ne s’y limite pas. On peut très bien y lire une symbolique freudienne, avec le mythe d’Œdipe revisité dans l’affrontement du père et du fils, avec l’image du père véhiculée par Dark Vador et celle du père de substitution incarné par le personnage d’Obi-wan Kenobi, ou encore avec le passage à l’âge adulte du héros. C’est aussi une guerre entre Eros et Thanatos qui voit la défaite de ce dernier. On peut également y voir un cours de science politique sur le totalitarisme, la démocratie et la République qui nous renvoie au nazisme, à la République grecque, à l’indépendance américaine mais aussi à l’ère Bush (pour les épisodes I à III). On doit y prendre un cours de marketing cinématographique. De leur côté, les emprunts aux samouraïs et aux shaolins sont mélangés comme ceux faits au bouddhisme et au taoïsme.  
En fin de compte, rappelons qu’il s’agit d’un conte pour enfant. La construction est allée puiser aux nombreuses sources évoquées et plus encore. Repérer et suivre les clins d’œil est captivant. Mais ils doivent être pris pour ce qu’ils sont, et non pas confondus avec un essai philosophique pour adulte.  

Je vous propose donc une lecture des sous-entendus ésotériques de la Guerre des Etoiles. Nous voyagerons dans les thèmes :

  • du bien et du mal,
  • des couleurs,
  • des ronds et des carrés,
  • de la chevalerie,
  • de la lecture des noms en guématrie,
  • de la symbolique des héros,
  • de l’initiation.

 

 

SW IV

 

Pour ceux qui méconnaîtraient ce chef d’œuvre du cinéma, rappelons que la saga est initiée par un film (épisode IV) récompensé par sept oscars qui ouvre un nouveau genre cinématographique, les spaces opéras, aventures ou westerns épiques ayant pour toile de fond l’immensité du cosmos et ses mondes extra-terrestres.
L’histoire d’abord. Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine, les rebelles luttent pour la liberté et contre l’avancée du maléfique Empire galactique. Au moment où l’histoire commence, dans l’épisode « Un nouvel espoir » dit épisode n°IV, la rebelle princesse Léia regagne sa base après avoir volé les plans de la nouvelle arme destructrice de l’Empire, l’Etoile de la mort. Malgré lui, le jeune Luke va être plongé dans cette guerre ; ce jeune fermier commence alors un parcours initiatique qui fera de lui un maître Jedi, cet ordre ancien, militaire et spirituel, aujourd'hui -dans le film- détruit, autrefois en charge de la paix. Ce chemin doit l'amener, à l'aide de la Force qui est en lui, à affronter le seigneur des Sith, nom que portent les Jedi du camp du mal, le dénommé Darth Vader et son maître, l’empereur, chef du maléfique empire galactique.

SUITE VENDREDI : Du bien contre le mal à l’hubris contre la diké !