Et Macron dans tout ça ?

On peut penser que son élection a un lien avec cette nouvelle ère. Il est un symptôme d'une société en mutation au-delà du champ du travail. Son profil, haut fonctionnaire, banquier, ministre socialiste, n'en constitue pas la substance. Son programme, mixage de gauche et de droite, pas davantage. Ce sont très certainement son attitude et son approche qui font écho à cette aspiration à autre chose, à une société nouvelle. Il n'est pas le pis-aller d'un électorat perdu qui a tout essayé et à qui il ne reste plus, en désespoir de cause, que Le Pen ou Macron. Il incarne, il insuffle la vie à cette autre conception du monde auquel son électorat aspire et que ce dernier (malgré tout minoritaire) voudrait étendre à la majorité. Evidemment, les circonstances l'ont singulièrement aidé. Mais l'élimination de Sarkozy, Juppé, Fillon, Hollande, Hamon et le PS… est bien la victoire délibérée du monde nouveau sur le monde ancien.

Macron répondra-t-il à l'espérance qu'il a fait naître ? Rien n'est moins sûr. La posture et les valeurs ça n'est bien que pour autant qu'elles fassent émerger une action politique qui résolve les vrais problèmes des Français. Si elles débouchent sur des demi-mesures sans vision, alors ce sera l'impasse. De plus, on peut se demander si chacun de ses électeurs n'a pas projeté ses propres fantasmes dans ce programme au risque de ne pas s'y retrouver quand il sera mis en œuvre.

 

De leur côté, les partis traditionnels doivent désormais se réinventer ou perdre définitivement le rôle majeur. Et encore ce n'est pas vraiment l'enjeu. Le vrai enjeu est qu'ils se hissent à la hauteur des problèmes de la France, ce qu'ils n'ont jamais réussi à faire ses quarante dernières années.

 

CAJJ