vendredi 30 octobre 2009
Restauration et baisse TVA : un bel avenir ?
(Réflexion)
"Quand le bâtiment va tout va".
Il en est de même pour la restauration. Hors les bénéfices de McDo et consorts, soit quelques pourcents.
Je suis pour une stratégie de TVA réduite pour toutes les activités dites présidentielles (ce qui est produit et consommé sur place).
Restauration : ni prix, ni embauche ?
Dans la restauration, la TVA a baissé et on ne voit ni embauche, ni augmentation de salaires, ni baisse des prix.
Que doit-on en conclure ? Rien. Conclure, c'est affirmer que l'économie est quelque chose de statique, qu'on baisse la tva en juillet, qu'en août on baisse les prix, qu'en septembre on embauche et qu'en octobre on augmente les salaires.
Et bien non ! L'économie c'est une dynamique. Ce n'est pas un stock, c'est un flux. Ce n'est pas un tas d'or, c'est de la monnaie qui passe de main en main. (À ce propos je vous invite à relire mon histoire du 20/06/2009).
L'oeuvre du temps : la dynamique de l'économie des restaurants
Je parie, je parie parce que je n'ai pas les moyens de faire une évaluation ex ante (nom de l'étude rigoureuse pour rassembler des faits objectifs et les analyser dans une vision évaluative), je parie donc, qu'en cette période de crise et d'incertitude,
1) Temps 1 : les patrons vont garder pour eux la baisse de la tva, pour gagner plus et dépenser plus (dans leur vie perso), pour améliorer la trésorerie de leur entreprise, pour réaliser des investissements dans leur affaire
2) Temps 2 : (pas avant 2010), quelques embauches seront réalisées
3) Temps 3 : [l'absence d'augmentation des prix d'année en année dans un contexte d'inflation faible, rendra le prix d'un repas moins cher (en heure de smic)] + [la reprise économique] stimuleront l'activité de la restauration
4) Temps 4 : (les années 2011-2015) la restauration connaîtra une augmentation des effectifs (pour peu qu'on arrive à former les gens) et des salaires.
Dans 5 ans, le résultat sera supérieur à la mise de fonds. La somme des nouveaux salaires, de la baisse de prix et de nouveaux emplois sera supérieure à la somme de la baisse de la TVA.

Efficience ? Mettre l'argent ailleurs ?
Est-ce que cette mise de fonds n'aurait pas été plus efficiente ailleurs ? Est-ce qu'on n'aurait pas pu avoir plus de conséquences positives en mettant l'argent ailleurs. Je pense, je crois intuitivement que la restauration est un bon investissement. C'est un secteur d'avenir, on a vocation à externaliser ses repas de plus en plus ; ajoutons que c'est une activité clé dans le tourisme international, secteur clé de la prospérité française future.
CAJJ
vendredi 9 octobre 2009
Analyse de la stratégie électorale et politique de Nicolas Sarkozy (2sur2)
(REFLEXION)
Est-ce efficace ?
Oui et non.
Dans la réalité politique, il apparaît que pour les élections à enjeux idéologiques forts (présidentielles, législatives) cette stratégie est efficace. L'unité dès le premier tour évite les oppositions secondaires ; c'est sur ces oppositions que les candidats du même camp s'affrontent ; ils prennent le risque de se fâcher avec des électeurs dont celui qui sortira en tête aura besoin.
Inversement, dans les élections locales, cette stratégie est plutôt une faiblesse. En effet, le candidat de gauche de second tour devient un attrape tout, tout ce qui n'est pas derrière le candidat de droite. Dans les élections présidentielles et législatives, le candidat PS de second tour peine à incarner, à lui tout seul, toutes les divergences de gauche.
Ajoutons à cela que les élections proportionnelles où les listes peuvent fusionner favorisent
Quelle est l'alternative ?
L'alternative est de constituer un pôle dominant dans son camp entouré d'une myriade de petits partis. Ces petits partis (ni trop petits, ni trop gros) ne peuvent avoir comme ambition raisonnable que de faire entendre leur sensibilité sans jamais revendiquer le pouvoir.
Avoir plusieurs candidats, c'est ratisser large, c'est offrir une palette de solutions et donc une qui convient à chacun. Le comportement de l'électeur devient le traditionnel : au premier tour on choisit, au second on élimine (le candidat du camp d'en face).
Pour gagner l'élection, il ne faut jamais attaquer ses concurrents au premier tour pour rassembler ses électeurs au second. Mais en n'attaquant pas ses concurrents, on prend le risque d'être éliminé au premier tour.
Y a-t-il des conditions de réussite ?
Au regard de cette stratégie, l'idéal est de structurer la vie politique française en deux partis : la droite et la gauche. Ainsi, la tactique du ratisser large ne posera pas de problème, chacun partant sur un pieds d'égalité.
Comment l'Angleterre et les Etats-Unis connaissent-ils une vie politique à deux partis quand nous les multiplions ? Non en raison de la culture anglo-saxonne, mais en raison du mode électoral. Une élection à un tour rend obligatoire l'organisation politique autour de deux partis, la majorité et l'opposition.
Derrière cette stratégie électorale, Nicolas Sarkozy rêve
d'une vie politique à l'américaine entre républicain et démocrate, débarrassé
des débats idéologiques du siècle passé.
Mais après tout, si la gauche devait rester diviser cela ne le dérangerait pas.
Alors, il pousse au développement non monopolistique d'élections à un tour. Ainsi, la droite unique devrait tirer pleinement parti de sa structure au risque d'une faiblesse congénitale dans un certain type d'élection locale.
cajj
mardi 6 octobre 2009
Analyse de la stratégie électorale et politique de Nicolas Sarkozy (1sur2)
(REFLEXION)
Il était une fois une France de droite UDF-RPR et une France
de gauche PS-PC.
La droite a remporté des victoires 74, 78, 86, 93, 95.
La gauche a remporté les siennes 81, 88, 97.
Et puis Chirac a fondé une révolution en créant l'UMP,
fédérant l'UDF et le RPR. L'UMP a gagné 2002 aux présidentielles et aux
législatives. En 2007, pour la première fois depuis 1981, la majorité
législative et présidentielle a été reconduite : la révolution était faite.
La ligne directrice de Nicolas Sarkozy est de continuer à fédérer la droite en l'élargissant sur la gauche avec l'ouverture et sur la droite en amalgamant Villiers et consort mais aussi l'électorat Front national.
À ce stade, quatre questions se posent :
Quelle est sa logique ?
Est-ce efficace ?
Quelle est l'alternative ?
Y a-t-il des conditions de réussite ?
Quelle est sa logique ?
L'idée est :
- faire le meilleur premier tour possible ;
- remporter le second tour grâce à l'avance prise au
premier.
Quand un camp connaît une multiplicité de candidatures, il
ratisse large. C'est-à-dire que plus l'offre (électorale) est diverse, plus les
électeurs trouvent "une chaussure à leur pied", un candidat qui leur
convient suffisamment pour qu'ils se déplacent aux urnes et mettent un bulletin
en sa faveur. Au second tour, le candidat de ce camp peut s'appuyer sur les
nombreuses voix qui sont aller nourrir les candidatures concurrentes et
non-adverses, d'autant plus que ces candidats concurrents accepteront de
soutenir, de se reporter, d'investir le premier d'entre eux.
Cette stratégie comporte deux limites. Premièrement : encore
faut-il être au deuxième tour ! En 2002, la division de la gauche a affaibli le
score de son premier candidat (Lionel Jospin) au point qu'il n'était pas au
second tour. Deuxièmement, pour être en tête de son camp, il y a lieu de
critiquer les candidatures concurrentes ; à force de critiques, on sort en tête
mais on risque de s'être mis à dos une partie vitale des électeurs. Ce fût le
cas de 81 et 88, la droite a fait le meilleur score cumulé du premier tour et a
perdu le second.
Aussi, la solution Sarkozy, dans la filiation de Chirac
2002, consiste à fédérer son camp avant que ne se déroulent les élections ;
ainsi, le candidat de la droite sera immédiatement propulsé dans un combat
électoral de deuxième tour.
cajj
mardi 29 septembre 2009
(Réflexion) Burqa, voile et compagnie
J'ai une intuition : le voile et pire la burqa sont le dernier épilogue avant la faillite d'un excès religieux.
La société dans laquelle nous vivons est de type libéral
moderne judéo-grecque. J'entends par là que nous avons un héritage
grecquo-romain, un héritage judéo-chrétien, un héritage démocratique à tendance
jacobin, individualiste et surtout moderne au sens où notre héritage ne saurait
nous emprisonner dans ses valeurs.
Le catholicisme, après avoir disparu de la scène publique pour ne stationner que dans la sphère de l'intime, est une pratique et même une croyance religieuse qui connaît un recul affirmé (cf. nombre de baptêmes par an par rapport à nombre de naissances) ; notre monde français se déchristianise en profondeur.
Si notre société est en train de balayer la religion chrétienne, il en sera de même pour l'islam. Mais, car il y a un mais, l'islam sera d'autant plus dynamique et excessif que la société française sera incapable de proposer une place socio-économique à ses membres. La crise est un poison pour l'intégration ; le communautarisme, en période de crise, est un acte vital de solidarité.
J'ai la conviction que le voile et la burqa sont les derniers raidissements d'un monde particulièrement menacé en France, non par un esprit d'intolérance mais par une forme française d'ouverture d'esprit.
Il n'empêche, le monde a besoin de spiritualité. L'islam, la chrétienté, le bouddhisme, ... mais aussi le soufisme, la maçonnerie que sais-je encore sont porteurs de spiritualité et développent des conceptions convergentes à tout le moins compatibles de la vie et de la vie en commun.
On doit regretter que la discussion sur le voile et la burqa, discussion néanmoins nécessaire, occulte l'islam dans ses valeurs, nous empêche d'assimiler l'islam.
cajj
vendredi 21 août 2009
Du développement durable au progrès durable : de l'exclusion du bonheur à sa réhabilitation (iii et fin)
Vers le progrès durable
Il ne s'agit pas d'opposer le collectif à l'individuel, bien au contraire. Il s'agit de les conjuguer ensemble.
Intuitivement, je rajouterai donc aux trois piliers du développement durable :
• le sens du libre choix : que fais-je personnellement au regard de l'environnement, de l'économique et du social ? A que m'apportent et qu'impliquent mes choix ?
• les institutions sociétales : la structure collective dans laquelle est plongé l'individu (école, système de santé, démocratie locale, vie associative, justice, ...).
Je propose une représentation sur la base d'une étoile à cinq branches. Le centre est la conjugaison de tout. Les branches de l'étoile nous proposent des conjugaisons partielles qui mériteraient d'être spécifiées. A qui de mes lecteurs l'honneur de commencer ce travail ?

L'idée du bonheur
Les économistes et psychologues observent que la satisfaction d'atteindre un but est central au bonheur. On doit citer dans l'orbite du bonheur : une vie de couple durable ; une bonne santé ; un emploi rémunérateur ; l'appartenance à une croyance religieuse ; la confiance en son gouvernement ; la faible consommation de divertissement passif (style TV) ; l'évitement de la mobilité géographique ; l'inflation plutôt que le chômage ; pas de flexibilité ; pas trop de redistribution des revenus ; la qualité des relations humaines ; le travail ; le mouvement ; le flux...
Je retire de cette énumération que le système social dans lequel on est, est une part des choix qu'on fait. Ce qui implique que les choix de l'individu pèsent et que la structure institutionnelle pèse pour ce qui lui revient.
Sans oublier que le progrès durable ne peut pas être durable s'il est assis sur un développement qui ne le serait pas.
Comme j'aime à le dire, le bonheur des uns participe au bonheur des autres ; en ce sens, il est plus facile de se trouver une place au soleil quand la société est prospère que lorsque les autres sont miséreux. Construire les bonheurs des autres c'est aider au sien. L'ambition du collectif ne peut être que de servir le bien être, le bien vivre ensemble.
En conclusion, je ne sais pas si cette idée de progrès durable est un concept creux ou non. Par contre, je suis convaincu qu'une certaine humilité mal placée exclut de la réflexion et de l'action la question du progrès pour l'homme en tant qu'individu. Résoudre la question des crèches ou des maisons de retraite c'est intervenir sur le champ du bien vivre (ensemble).
Cajj
mardi 18 août 2009
Du développement durable au progrès durable : de l'exclusion du bonheur à sa réhabilitation (ii)
L'idée de bonheur dans tout ça
Pourquoi parler du bonheur ? J'ai choisi de parler du bonheur car si celui-ci a une composante individuelle, il a aussi une composante collective.
De plus, selon les dernières thèses scientifiques, le bonheur est un des fondements les plus importants du développement de l'espèce humaine. À l'inverse, on doit s'interroger sur l'impact à long terme de l'absence de bonheur, impact notamment sur le développement de la civilisation occidentale capitaliste.
Si le développement durable a quelque chose à voir avec l'harmonie (environnement-social-économie), il n'a que peu à voir avec le bonheur. La politique peut-elle avoir quelque chose à faire avec le bonheur ? Si comme le disait le poète Jean Marie "le bonheur c'est un moment de paix dans un flot d'emmerdements", alors la politique s'adresse non pas au bonheur mais au bien-vivre !! Combien de village revendiquent-ils le bien-vivre ensemble !!???
Le développement des cinquante dernières années est un fiasco en terme de bonheur/ bien-vivre malgré les 35 heures et le ministère du temps libre.
Ceci serait moyennement grave tant qu'on ignore que le bonheur joue un rôle décisif dans la survie de l'espèce humaine. Ceci serait moyennement grave si nous ne cherchions pas à donner un sens à la vie.

Egalement celà nous amène à une seconde réflexion : le développement qui n'intègre pas l'individu peut-il être source de sous-développement de l'Homme ? Je définit ici le sous-développement par : mouvements sectaires, conduites addictives, intégrismes liberticides, dépravation, dépression, hooliganisme, dégénérescences sexuelles (pédophilie, zoophilie), violence urbaine ou conjugale, ... Nous ne souhaitons pas ici aller plus loin dans la réponse ; elle nécessite la mesure sérieuse des choses dans le temps ; aussi, laissons la question posée.
Je propose, donc, d'essayer de dépasser la notion de développement durable. Le développement n'ayant pas de connotation positive ou négative, je propose d'envisager la notion de progrès durable. En posant cette notion, je veux évoquer un développement qui intègre l'individu et qui ne s'arrête pas au communautaire.
Évidemment, une fois l'idée lancée en l'air, il reste à lui donner de la substance.
La modernité c'est le basculement de la tradition à la liberté ; sur le plan intellectuel, cette évolution marque le siècle des Lumières. Mais constatons que jusqu'en 1950, la vie des individus était réglée par la (une certaine) tradition. Les femmes mourraient en couches, les hommes à la guerre, les rescapés de la grippe espagnole, les enfants les uns avant les autres, ... on ne faisait pas d'études, on tachait de travailler dur pour gagner peu.
Depuis les années 50, chacun choisit sa vie : marié ou non, avec enfant ou non, avec vie sexuelle ou non, hétérosexuel ou homosexuel, employé exploité ou riche pisciniste... ainsi, chaque marque automobile donne, à ses propects, le choix d'une quinzaine de modèles ; trente ans plus tôt, c'était trois et on les renouvelle plus vite qu'un bail. Sur le plan matériel, selon la terminologie marxiste, la liberté réelle se confond de plus en plus avec la liberté formelle : l'inséré professionnel (ouvrier, employé, ...) a la même chose que le bourgeois qui peut travailler mais en plus petit (voiture, vacances, mutuelle, logement, loisir, retraite, ...).
(Ce qui n'est pas le cas de l'exclu, du chômeur longue durée, bien évidemment).
cajj
vendredi 14 août 2009
Du développement durable au progrès durable : de l'exclusion du bonheur à sa réhabilitation (i)
Le développement durable : un concept déjà dépassé

Depuis quelques années, nous avons conceptualisé le développement durable et le schéma ci-dessus le modélise. La société s'essaye à donner corps à ce concept : comment, au quotidien, construire une croissance favorable à l'environnement et au social ; en France, on parle de Grenelle de l'environnement, d'Agenda 21.
J'ai la faiblesse de croire qu'après la crise, tout risque de recommencer comme avant. J'ai la faiblesse de croire que nous sommes à un tournant et que le nouveau monde peut s'inventer aujourd'hui avant de reprendre les mauvaises habitudes.
A l'occasion de ce tournant et de cette réflexion, je me demande si le développement durable n'est pas déjà un concept à dépasser, un concept de l'ancien monde ?
"Mes anciens collègues envient ma vie, un peu moins mon compte en banque" dixit Laurence Shorter, ancien de la City in "Le secret de l'optimiste". Cette citation pose, dans le monde d'aujourd'hui, la question du bonheur et de son sens.
Il est paradoxal que l'Occident rencontre, depuis 50 ans, d'un côté une ère de prospérité économique sans pareil, des progrès technologiques exceptionnels, une médecine avec des résultats, une période de paix durable, des acquis sociaux qui s'additionnent, et de l'autre une baisse du sentiment du bonheur. On parle à cet endroit du syndrome japonais, peuple heureux et démuni en 1950, peuple conquérant (commercialement), bien pourvu et peu heureux en 2000.
Poser la question du bonheur, c'est poser la question du sens de notre civilisation. À quoi tout cela sert-il si ce n'est pas pour le bien de chacun et de tous ?
mardi 11 août 2009
La France centre de l'économie-monde ?
Quel sera le nouveau leader de l'économie-monde ? Aujourd'hui, après Boston et New York, la Californie est le centre. Cela fait 120 ans que les Etats-Unis ont pris la primatie de l'économie.
Je ne sais pas et je n'ai pas les données pour imaginer le monde de demain. Je ne saurai avoir l'intuition de l'avenir.
Néanmoins on peut faire quelques observations. Les centres d'économies monde sont avant tout (n'en déplaise au tenant de l'industrie) des noeuds de fluence autrement dit des noeuds de circulation, proposant les conditions d'un développement marchand très dynamique. (1)
Il est mieux que cette activité marchande soit soutenue par une force militaire qui sécurise le commerce (à dimension internationale) et par la présence à proximité d'une production à exporter et d'un pouvoir d'achat importateur.
La France réunit tout cela. Avec les Etats-Unis et l'Angleterre, elle sécurise les mers du monde et le commerce international. Que seraient les tankers qui ne pourraient atteindre leurs destinations, arraisonnés par les pirates !!!
Elle a su, au fur et à mesure des décennies, développer un savoir marchand de très bonne qualité à défaut d'être le meilleur du monde. Nous sommes, décennies après décennies, un des plus gros exportateurs par tête d'habitant ou même le quasi-meilleur hors les pays pétroliers ; nous sommes peut-être très mauvais et plein de faiblesses, mais les autres sont pires hors l'Allemagne, la Hollande, ...
Qui plus est la France a quelques atouts secondaires : un niveau de formation de très bonne qualité, un bon réseau universitaire, une ouverture au monde et à ses élites, quelques entreprises d'excellences internationales (Total, LVMH, Renault, Peugeot, Michelin, Accor, L'Oréal, Danone, Bouygues, Alsthom, Areva, Axa, BNP-Paribas ...).
Que peut-on dire des grandes évolutions de la consommation sur ses 60 dernières années : le divertissement, la santé et les seniors pèsent de plus en plus lourd.
Que peut-on dire des évolutions économiques en cours ? Les pays émergés (Inde, Chine, Russie, ...) produisent par dizaine de milliers de nouveaux millionnaires.
Constatons que la France est devenu le premier pays touristique au monde.
Constatons que la France est devenu le premier pays d'accueil des (riches) retraités (notamment anglais).
Constatons que notre système de santé est à la pointe comme celui de prise à charge à domicile.
Constatons que nous avons une démographie dynamique et que la jeunesse de demain ne trouvera pas d'emploi en usine sur le territoire métropolitain.
Constatons que la capacité à mettre en valeur notre patrimoine géographique, historique, culturel, gastronomique, ... est exceptionnelle. Connaissez-vous un village de France qui ne propose pas son festival ?
Constatons que notre industrie et artisanat agro-alimentaires est le meilleur du monde.
Constatons que la France est un des pays les moins peuplés au km2. En annexe, je vous ai pris une photo d'Auribeau, côte d'azur ; la mer et Cannes sont dans l'axe de vue. Il n'y a qu'arbres verts et jolies maisons dans une région réputée pour son bétonnage.

Demain, dans 20 ans, la France peut prendre une place originale dans l'économie mondiale et financièrement lucrative (sans doute) : être le pays touristique et la maison de retraite des millionnaires du monde qui voudront un peu de soleil, beaucoup de culture et le meilleur savoir-vivre au monde.
La seule faiblesse potentielle tient à notre capacité à proposer de la main-d'oeuvre pour l'aide à domicile qui permette un coût de la vie compétitif. Sera-ce du personnel Pakistanais de passage ?
La deuxième faiblesse serait de trop laisser les immondes centres commerciaux d'extérieur de villes polluer les paysages avec l'appui des misérables éoliennes.
En attirant les vieux cadres les plus dynamiques du monde, elle fera venir, comme aujourd'hui et plus encore, quelques entreprises clé pour soutenir une activité économique de qualité.
Je ne sais pas si la France deviendra un centre d'économie-monde. Mais elle a assurément des atouts maîtres dans le monde de demain autour du tourisme et des seniors.
Cajj
(1) : je vous renvoie aux autres articles de ce blog ; un sommaire est à votre service.
vendredi 7 août 2009
De la chute des civilisations à la chute de l'Occident capitaliste
Le monde égyptien a régné puis disparu
Le monde grec a régné puis disparu.
Le monde romain a régné puis disparu.
Idem pour l'islam, les civilisations amérindiennes, en partie idem pour l'Europe en faveur de l'Amérique du Nord.

Notre civilisation va-t-elle disparaître ? Va-t-elle faire place à autre chose ?
Il est une rupture définitive dans l'Histoire de l'humanité. Plus aucune chute de civilisation ne peut être comparée au temps présent. Quelque chose a radicalement changé.
En 1980, tout le monde pensait que le Japon allait prendre le leadership mondial. Le Japon a intégré l'Occident mais ce n'est pas l'Occident. La primatie du Japon aurait marqué le début d'autre chose. Mais cela ne s'est pas produit.
Deux raisons expliquent cela. La première tient au Japon lui-même ; pris dans ses contradictions et ses limites, il n'a pas su imposer son originalité ni à lui-même ni au reste du monde. La seconde tient à l'Europe-Amérique ; en 1980, nous savions que notre civilisation, que notre système était en difficulté ; pour la première fois, une civilisation a eu conscience de son déclin et de l'avènement de l'autre ; elle a observé le Japon et a décidé d'aller de l'avant.
Je me souviendrais toute ma vie des débats à l'Assemblée nationale, au début des années 90, sur l'ouverture du marché français aux automobiles japonaises. Beaucoup s'inquiétaient de la disparition de l'industrie automobile française ; Jacques Masdeu-Arus député-maire de Poissy (Ford-Simca-Peugeot) en était le porte-parole. Quelques années plus tard, en guise de disparition, Renault a racheté et relancé Nissan. Quel retournement !
En 80, l'Amérique, hyper-phénix de l'économie moderne, sous l'impulsion de la Californie a entraîné le monde dans la révolution du PC, de l'internet et des outils du nomadisme : IBM, Microsoft, Intel, Apple, ... et l'ipod a balayé le walkman.
Nous sommes en crise. Mais nous le savons. Nous savons pourquoi. Nous savons ce qu'il faut faire. Nous le faisons. Bien, moyennement bien, mais nous faisons face à la crise comme le patient affronte la maladie avec ses médecins.
Demain, l'Europe et les Etats-Unis d'Amérique retrouveront une nouvelle croissance. Ce qui n'est pas contradictoire avec le fait de voir apparaître un nouveau centre de l'économie monde.
Quel sera ce nouveau centre ? De quoi sera-t-il fait ? La France et son "fameux génie" pourrait-elle le devenir ? Je n'ai pas la réponse, mais je vous propose d'en parler dans un prochain article.
cajj
vendredi 31 juillet 2009
De la mort du PS
Le PS est-il mort ? Répondre à cette question, c'est faire de la politique fiction ; les êtres peuvent donner un nouveau cours aux choses, ils le donneront peut-être au PS.
En posant le postulat toutes choses égales par ailleurs —comme aiment à dire les économistes—, je crois que le PS est mort mais aussi qu'il connaîtra encore quelques victoires et que ses victoires l'empêcheront de se transformer vraiment.
Soyons moins abscons.
Comme, je l'ai déjà écrit :
1) Le PS n'a, en fait, pas la culture du vrai débat sans tabou ; sans un leader ultra-charismatique (un nouveau Mitterrand), il reste incapable de proposer au monde une nouvelle vision qui regarde vers l'avenir et non vers le XIX° siècle.
2) Le PS ne sait pas faire la synthèse —ou l'incarner— entre la social-démocratie —profondément capitaliste dans ses racines— et le "réformisme" marxiste des Mélenchon, PC et autre NPA. Ce n'est pas que le PS soit incompétent, c'est que cette synthèse est infaisable.
Aussi, pour ces deux raisons, le PS est condamné à vivoter et perdre les prochaines élections présidentielles sauf si..... sauf si Bayrou se suicide politiquement, que Sarkozy devienne désastreux, que les Verts appellent à voter PS dès le premier tour, ...

Néanmoins le PS peut connaître encore de belles victoires. Les réserves UMP sont aujourd'hui très limitées. Dans un tel contexte, je crois très possible que le PS et les Verts gagnent une quinzaine de régions ne laissant que des (grosses) miettes à l'UMP.
Si cette alliance de circonstances —vert-rose-rouge-orange— est concevable localement (Mairies, Conseils généraux, Conseils Régionaux), elle est exclue nationalement au sens où jamais les électorats PS-PC-NPA-MoDem-Verts ne se reporteront massivement en un deuxième tour. Rappelons que dans le cas de Régionales, la liste du deuxième tour sera multicolore ; dans le cas des présidentielles, l'homme du deuxième tour sera d'une seule couleur (rose ?).
Alors, les victoires locales empêcheront le PS de se réformer.
Un jour, il basculera dans la modernité celle d'une social-démocratie qui revendique un système productif assis sur le développement durable. Il perdra les élections jusqu'à l'effondrement des forces d'extrêmes gauches. Puis, à nouveau, il gagnera en ayant perdu sa réactionnaire appellation de Socialiste.
Mon analyse condamne le PS pour les années à venir. La défaite des Européennes est extraordinairement cuisante. Seules des circonstances exceptionnelles pourront lui permettre de s'en sortir à court terme.
Peut-être qu'en 2022, il sera là.
L'alternative est que Bayrou fédère la gauche et l'antisarkosysme. Il y a quelques choses de Mitterrandien à imaginer, à nouveau, un élu fondamentalement de droite à construire l'avenir du PS. Je ne crois pas en cette hypothèse.
L'autre alternative est que de la droite recomposée-décomposée orange bleu émerge les républicains et les démocrates à l'instar des USA, celles des Bush et Obama.
cajj
NB : la mort est quelque chose de relatif. La question de la mort est en fait celle de quelle opposition demain ? Quelle filiation avec le PS d'aujourd'hui