TROTSKISME

Le trotskisme réunit les communistes proches de Léon Trotski. Ce dernier est un des trois grands révolutionnaires soviétiques avec Lénine et Staline. Pressentant la dérive totalitaire de la bureaucratie stalinienne, il s'opposera à ce dernier. Exclu du Parti communiste soviétique en 1927 par Staline, il s'exilera et sera victime d'un assassinat commandité par le même Staline en 1940.
Les trotskistes sont des communistes ordinaires ou "révolutionnaires" qui reprochent aux communistes (d'hier et d'aujourd'hui au Front de gauche) d'avoir trahi la cause des prolétaires et l'idéal communiste.
Dans leur action politique, les trotskistes trop faibles politiquement ont toujours privilégié l'entrisme, c'est-à-dire l'entrée dans des mouvements politiques et sociaux afin d'en prendre la tête et de peser sur les choses. L'exemple polémique le plus connu est celui de la double adhésion de Jospin au PS et au trotskisme. Ainsi, on retrouve nos camarades trotskistes dans la plupart des mouvements sociaux dits "spontanés" : dès que les syndicats sont débordés par un collectif (d'étudiants, de paysans, d'infirmières), on retrouve très souvent à sa tête des trotskistes car ils sont volontaires, formés, professionalisés et disponibles pour diriger ce genre d'organisations spontanées. C'est leur façon de faire la révolution.

Ce qui est fascinant c'est de voir quatre tendances communistes à l'élection présidentielle de 2007 : Buffet et le PCF (Parti Communiste Français), Besancenot et la LCR (Ligue Communiste révolutionnaire), Laguiller et LO (Lutte Ouvrière) et enfin Schivardi soutenu par le Parti des Travailleurs.
C'est fascinant de voir ces quatre représentants d'une même idéologie, le communisme, être incapables de s'entendre, être incapables de privilégier l'intérêt général sur les intérêts spécifiques des organisations qu'ils représentent. C'est fascinant mais très signifiant : cela met en évidence le "sectarisme" de gauche.

SOCIALISME (1) (D'AVANT 2014 EN FRANCE)
Le socialisme recouvre plusieurs courants de pensée. En France, le socialisme marxiste est historiquement dominant. Il a été promu au plus haut par le candidat François Mitterrand de 1981.
Comme son frère, le communisme, il prône l'éradication du capitalisme, c'est-à-dire, la mort de la propriété privée des moyens de production (un atelier, une entreprise ne peuvent pas appartenir à une personne privée, vous, moi, mais seulement à l'Etat acteur de la mise en commun).
Ainsi, en 1981, le gouvernement a procédé à une vague de nationalisations : l'Etat acquiert alors la propriété d'entreprises.
Mais au contraire de son frère de lait, le communisme, le socialisme est pour la démocratie, c'est-à-dire pour une conquête du pouvoir et une transformation de la société qui passent par les urnes et la majorité.
Si l'unité de base pour le libéralisme est l'individu, à l'inverse ce qui est premier pour la société c'est la collectivité.
Les socialistes veulent défendre et représenter les exploités face aux excès des forces de l'argent ("mon ennemi c'est la finance" dit le candidat François Hollande, sous-entendu cette finance qui opprime les pays, les peuples et les pauvres gens). Ainsi se définissent-ils comme un parti de classe (la classe des exploités contre les exploiteurs)''. En ce sens, contrairement aux partis dits de droite qui veulent incarner l'ensemble de la société, le PS historique exclut de son champ de représentation, les professions libérales, les mères au foyer et peut-être plus (les enfants, les retraités, les chômeurs, les rentiers, les "assistés", ?).

Avec la chute du mur de Berlin, les expériences de la gauche marxiste ont pu être réévaluées : globalement un échec même si on doit mettre à leur crédit quelques avancées sociales et sociétales non négligeables.

C'est donc la fameuse sociale-démocratie qui a emporté la majorité des suffrages des socialistes. En France, la victoire s'est définitivement affirmée en silence quand les adhérents du PS ont écarté le non de gauche (fabiusien) au référendum européen contre la majorité du peuple de gauche, et affimée publiquement avec l'engagement social-démocrate du Président Hollande.

SOCIALISME (2) OU SOCIAL-DEMOCRATIE
Il s'agit ici du socialisme version social-démocratie. La social-démocratie s'oppose radicalement au communisme tout en gardant une lecture critique de l'économie de marché trop libérale et de ses conséquences. Aussi prône-t-elle de mettre au coeur de la politique le social, la restriction de la régulation par le marché, la régulation étatique.
La social-démocratie est en rupture avec le socialisme (1), celui d'origine marxiste (c'est-à-dire la tradition française Mitterrand-Jospin-Mélenchon), en ce sens qu'elle écarte les solutions du marxisme pour en préférer d'autres. Ainsi, elle est plutôt contre les nationalisations, au coeur de la politique française des années 81. Elle préfère la mise en oeuvre de politiques fiscales, le développement de la protection sociale, la mise en oeuvre de politique anti-cyclique d'inspiration keynésienne (comme relancer la demande en cas de crise économique), le développement de l'éducation, ...
Ses réussites sont inégales. Aujourd'hui la mondialisation lui pose un vrai problème d'efficacité. En effet, la mondialisation rend assez inopérantes les politiques nationales dans un contexte non favorable. Ainsi, la social-démocratie peut se retrouver avec des politiques onéreuses dont le coût est finalement supérieur au gain.

Le problème pour le socialisme marxiste est que la social-démocratie s'inscrit dans un système de valeurs en contradiction fondamentale avec sa lecture de la société. La social-démocratie s'inscrit dans une logique capitaliste, elle croit en la société capitaliste. Le socialisme marxiste veut créer une rupture avec le capitalisme. En ce sens, social-démocratie et socialisme (1) sont incompatibles par essence ; d'où les rebuffades du PS anti-Valls.

On peut venir à la social-démocratie, ou par la droite, avec les centristes ou par la gauche avec les socialistes réformateurs. La social-démocratie est bien un point de rencontre entre la droite et la gauche. Ce n'est pas le seul, nous y reviendrons.

Le gros problème que rencontre le PS est de conquérir un électorat à l'extrême gauche et au centre en même temps. Il ne reste qu'une solution, c'est de fédérer les ennemis de l'autre camp. Pour les Présidentielles, cela s'est traduit par "Tout sauf Sarkozy" et "mon ennemi c'est la finance".

CAJJ

actualisation de l'article de 2007