Regard politique : le rendez-vous du mardi et du vendredi

Au-delà de l'actualité ! Au long du quinquennat de Nicolas Sarkozy, nous souhaitons apporter notre regard engagé sur les évènements. Repères, propositions, réflexions... rythmeront le blog. Nous vous donnons rendez-vous tous les mardis et vendredis.

mardi 24 novembre 2009

GRANDS PATRONS : DECONNECTER REMUNERATION ET BOURSE

( proposition)

Faux patrons et mauvais traitements

C'est amusant d'appeler "patrons" dans gens qui ne sont pas des patrons. Un patron est le propriétaire dirigeant d'une entreprise. Les grands patrons sont des dirigeants employés.

Cette confusion n'est pas sans poser les difficultés que nous connaissons.

Quand une entreprise va mal, une PME-TPE, le patron commence par payer les salaires et charges de ses employés et se sert ensuite. Quand il est en perte, il n'a plus de revenu.

Le "grand patron", lui, procède à des licenciements, voit les profits de l'entreprise s'effondrer et finit par être licencié avec un très gros chèque, que dis-je, un très très très très très gros chèque.


Où est la perversité du système ?

Autrefois, l'employé payé à diriger l'entreprise avait comme objectif de faire croître le chiffre d'affaires de l'entreprise et la rentabilité de ses activités. Si ces résultats étaient bons, il y avait une évolution du positive du cours de la bourse pour autant que cette dernière était orientée à la hausse.

L'actionnaire, propriétaire de l'entreprise, gagnait sa vie par une appréciation convenable du cours des actions et le versement de dividendes.

Aujourd'hui, les potentialités de variations des cours de bourses ont explosé.

La responsabilité du dirigeant n'est plus de bien gérer l'entreprise, mais de faire monter le cours de l'action sur le marché boursier. Bien sûr, le cours de l'action profite d'une bonne gestion de l'entreprise. Mais des opérations de pure finance permettent d'obtenir des résultats bien plus spectaculaires. Ainsi Jean-Marie Messier a commencé à créer un grand groupe en achetant des entreprises dont il payait l'achat par la valorisation des actions du nouveau groupe.

A J1, Vivendi valait 100 ; l'entreprise cible 50. Il achetait l'entreprise cible pour 50, mais le nouveau groupe valait 175 et non 150 ; il revendait les 25 de bénéfices pour payer les 50 d'achat. Son rôle était de construire un groupe et non de gérer des activités. Le jour où la bourse a chuté, 100 + 50 = 125 ; et alors Messier n'était plus en capacité d'honorer une dette quelconque ; il a du être procédé à un sauvetage.

Pire encore, cet employé était issu de la grande fonction publique matinée de banque.

 

Tirer les leçons de la crise ?

Finalement le problème ne tient pas au niveau de rémunérations des "grands patrons". Le problème tient à ce qui fonde leur rémunération.

 

Aussi, je préconise qu'on légifère pour :

— interdire tout ce qui relie la rémunération au cours de bourse (dont plus de stocks options) ;

— interdire tout supplément variable de rémunération à un patron qui aurait un solde négatif de l'emploi sur ces 12 derniers mois ;

— interdire toute indemnité de licenciement pour un patron ayant un solde négatif de l'emploi (somme des licenciements – somme des créations de postes).

 

Si un patron est embauché pour mettre en oeuvre une restructuration, l'actionnaire doit lui verser un salaire fixe sans prime de résultat. Sa prime étant de rester en emploi.

 

 

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On peut estimer qu'une telle loi ne serait pas sans conséquence à long terme sur les entreprises. La question est de savoir si ses conséquences seraient positives pour les entreprises françaises ou non.

 

Il me semble que dans la compétition mondiale, au lieu de faire bêtement comme les autres, nous devons essayer d'inventer un autre modèle avec ses propres avantages concurrentiels.

cajj

mardi 10 novembre 2009

Gérer les finances de la France : la vision stratégique de Nicolas Sarkozy

(repères)

Le Président Nicolas Sarkozy a exprimé ses convictions en matière de finances en 1993 alors qu'il était Ministre du Budget. L'expérience Juppé de 1995 à 1997 a très certainement renforcé ses convictions.

 

La vision sarkozienne est une vision dynamique des finances. Les finances ne sont pas un état mais une évolution et un flux.

bercy

 

1993 la récession socialiste

En 1993, la mandature PS s'achevait dans un effondrement de l'économie et des finances.

Alors que l'économie française rencontrait une année de récession (ce qui reste rarissime pour notre pays au contraire des autres), le gouvernement Bérégovoy laissait filer les dépenses pour retrouver la croissance. On arrivait à un niveau d'incompétence (à la lumière des résultats obtenus) du couple Mitterrand-Bérégovoy peu banal. L'effet de ciseau était terrible : la récession entraînait une explosion du niveau des déficits et par ailleurs la chute de l'emploi.

Taux de croissance 1993 : -0,9 %

Déficit budgétaire (en % du PIB) 2,9% (1991), 4,5% (1992), 6,4% (1993)

 

 

Le duo Balladur-Sarkozy : une cure phytothérapique

Le duo Balladur-Sarkozy a décidé de mettre le déficit sous contrôle (ne pas l'augmenter en francs) et de voir son importance se réduire au regard du PIB.

En 1995, le déficit était de 5,5% tandis que la croissance repartait au-dessus de 2%

 

Juppé : une gestion allopathique du budget

Alain Juppé arrivant au pouvoir comme Premier ministre du nouveau Président, Jacques Chirac, a jugé les finances françaises dans un état lamentable au regard d'une certaine orthodoxie budgétaire.

Il a décidé de baisser comptablement le déficit qui est effectivement passé de 65 milliards d'euros à 49.

Pendant ce temps, la croissance a chuté à 1,1 %.

 

Conclusion politique

(Moins de dépenses = moins de services aux Français) + (Moins de croissance = plus de chômage et moins de pouvoir d'achat) + (dissolution) = défaite législative de la majorité chiraquienne (= licenciement de Juppé)

Certes, il est difficile au sens scientifique du terme, de tirer des conclusions définitives. Mais, l'homme d'action se doit de tirer de conclusions et passer aux actes.

 

Economie, flux et stock

Le Ministre du budget Sarkozy a donc gardé la conviction qu'on ne devait pas gérer comptablement le déficit ; qu'il fallait le gérer dans une dynamique car il est un flux et non un stock. L'économie ce n'est pas un lac dont on mesure la profondeur mais une rivière dont on mesure le débit. Sarkozy a comme objectif premier de préserver notre capacité de croissance (le débit) et espère que celle-ci dissoudra le déficit. C'est tenable si ça réussit et tant que l'endettement ne crée pas un remboursement intenable.

 

Pour la petite histoire, le Ministre du Budget assez autonomiste et de forte personnalité qu'était Sarkozy, une fois Président, a décidé de séparer le ministère de l'économie de celui des finances. Le développement économique est effectivement différent de la gestion des budgets des ministères.

 

cajj

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samedi 7 novembre 2009

Coup de projecteur sur la Fondation Chirac

Hier, étaient remis les Prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits.
Nous regardons d'un oeil cette activité. La Fondation fédère des personnalités éminentes. Malgré la présence du Président Sarkozy, de Kofi Annan, prix nobel, de Boutros-Boutros Ghali la presse n'a pas jugé utile de donner un coup de projecteur non à la Fondation Chirac mais à la prévention des conflits. Alors nous offrons cette page à cet intéressant travail pour la paix.
Ce qui suit sont des extraits du site web.

 (actualité)

Fondation_ChiracLes efforts en faveur de la Paix sont couronnés par le Prix Nobel. En revanche, les efforts qui mettent le dialogue au cœur de la prévention des conflits sont peu récompensés à un niveau international. Pourtant, des hommes, des femmes, de nombreuses institutions, œuvrent d’une manière ou d’une autre à la prévention des conflits. De ce fait, ils prennent des risques. En effet tenter de prévenir un conflit alors que montent la méfiance et le désir d’agression est souvent plus risqué que de maintenir la Paix entre des belligérants.
Force est de remarquer l’absence de définition académique et de reconnaissance de ces acteurs discrets, et ceci en dépit des efforts de l’Egyptien Boutros Boutros Ghali pour en faire une catégorie à part entière de l’action internationale dans son Agenda pour la Paix.
La prévention des conflits est plus que jamais indispensable dans un monde où les guerres, les tensions intercommunautaires violentes augmentent et où des processus de paix s’avèrent soit inachevés, soit fragiles. Lorsque la crise est ouverte, les moyens d’imposer la paix restent limités et le risque de voir un conflit durer et s’enkyster est grand.
Le Prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits a pour but d’améliorer la notoriété et de soutenir ceux qui investissent une partie de leur vie et de leurs ressources à prévenir les conflits.
Son attribution doit accroître la reconnaissance internationale de ces efforts, susciter de nouvelles vocations, et donner des moyens financiers pour la poursuite de ce travail.

Biographies des lauréats
l’Imam Muhammad Ashafa et le Pasteur James Wuye
D’abord chefs de milices religieuses qui s’affrontaient au Nigeria, ils sont ensuite devenus des militants du dialogue interreligieux. Ensemble, ils ont créé, en 1995, le Centre de Médiation Interreligieuse (IMC) dans l’Etat de Kaduna, au nord du Nigeria. Ils travaillent désormais à la pacification de leur pays et s’efforcent de diffuser leur méthode de dialogue à l’étranger.
Le Centre de médiation interreligieuse
Fondé en 1995 à Kaduna, le Centre de Médiation Interreligieuse (IMC) forme des équipes à la résolution des conflits à travers le Nigeria. Il intervient dans les écoles et les universités, au moyen de séminaires et d’ateliers sur la démocratie et le dialogue interreligieux. La religion y est présentée comme un facteur de rapprochement. L’IMC s’adresse aux femmes, aux jeunes, aux chefs religieux et aux responsables politiques. Ce Centre a, entre autres, contribué à apaiser les tensions lors des affrontements de Kaduna en 2002 et de Yelwa en 2004.
Le Pasteur James Wuye et l’Imam Muhammad Ashafa ont reçu en 2005 le Prix de la Paix de Brême.
Park Jae-Kyu
Originaire de la Province de Kyongsang du Sud, en République de Corée, Park Jae-Kyu a étudié les Relations internationales aux États-Unis notamment à Columbia, où il se passionne pour les études nord-coréennes. Professeur à l’Université Kyungnam, il y fonde en 1972, l’Institut des Etudes pour l’Extrême Orient (IFES) pour promouvoir la paix entre les deux Corées et leur unification. En 1986, il devient Président de l’Université. Fin 1999, Kim Dae-Jung, Président de la République de Corée, le nomme ministre de l’Unification afin de mettre en œuvre une politique de coopération et de réconciliation avec la Corée du Nord. Depuis 2003, il est redevenu Président de l’Université Kyungnam. Park Jae-Kyu est l’auteur d’ouvrages sur les relations intercoréennes : The Politics of North Korea ; The Foreign Relations of North Korea et Nuclear Proliferation in Developing Countries.

http://www.fondationchirac.eu/

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mercredi 4 novembre 2009

L'industrie et la stratégie économique de la France

(Prise de position)

J'ai parcouru le récent discours du Ministre Estrosi, Ministre de l'industrie, pour l'ouverture des assises de l'industrie.

Il y appelle à une grande ambition industrielle fer de lance de la sortie de crise.

La France a-t-elle un grand avenir industriel ?

Peut-on imaginer une économie dynamique sans industrie ?

 

A la première question, le Estrosi en veut un. A la seconde question, sa conviction est que non.

C'est vrai que c'est un débat que j'ai esquivé dans mon propos sur la stratégie économique française.

 

La France et l'industrie

Ni pour le passé, ni pour l'avenir, je ne crois pas à une France industrielle comme le sont les USA, le Japon, l'Allemagne. Nous n'avons pas ce talent.

Ne pas être comme l'Allemagne, ce n'est pas abandonner l'industrie. C'est construire des ambitions mesurées. Cette ambition, c'est de maintenir et développer l'excellence industrielle, non pas générale, mais dans plusieurs domaines.

L'excellence industrielle se conjugue avec la R&D, design et conception inclus. Mais il n'y a pas un avenir massif pour les usines en France donc pour les ouvriers. On peut le regretter, je le regrette, mais je nous n'imagine pas rivaliser avec les salaires chinois ; seule une hyper mécanisation donc pas massivement d'ouvriers est concevable donc avec des techniciens de la haute technologie.

L'iphone de l'Américain Apple n'est pas fabriqué aux USA. Réussite industrielle ?

Alten et Altran sont une réussite française. Ce sont les deux plus gros cabinets conseil en innovation du monde. La France a ses talents.

 

La France reste un grand pays agricole. Mais il n'y a plus d'emploi au regard de 1950 sauf peut-être comme fonctionnaire au ministère de l'Agriculture.

 

Quels emplois pour les ouvriers demain ?

Le BTP, le tourisme, le service à la personne, la santé, l'hôtellerie-restauration... pas pour les ouvriers demain mais pour leurs enfants aujourd'hui.

 

Services ou industrie ?

Le secret de la richesse (donc de l'emploi) n'est pas là.

Produire c'est bien, vendre c'est mieux. Produire et vendre c'est très bien.

Les gros commerçants, la grande distribution ont bâti leurs nombreuses fortunes en ne "produisant" rien. L'essentiel de la marge d'un produit chinois se fait ailleurs qu'en Chine, c'est-à-dire chez nous.

 

Vente et économie présentielle

Les deux idées qui doivent toujours être présentes à l'esprit sont vente et économie présentielle.

Etre industrielle pourquoi pas. Mais exporter davantage nos bonnes réalisations, voilà un objectif oublié.

L'économie présentielle est ce qui se produit et se consomme sur place. Un exemple : le coiffeur. Il faut le favoriser. Ça s'exporte la coiffure ? Non mais le tourisme oui.

Oui à l'industrie.

Oui aux pôles d'excellence rassemblant usine, recherche, formation, employés et emplois.

Oui à l'innovation capitalistique, marketing ou technologique.

Oui à l'export.

Non à l'ambition d'un plein-emploi ouvrier industriel.

 

cajj

NB : j'ai classé cet article dans prise de position car ma réflexion est ici peu approfondie, peu fondée sur des faits objectifs, nombreux et incontestables. J'aimerais bien connaître les arguments qui fondent les sympathiques envolées d'Estrosi.

Posté par cajj6878 à 09:41 - PRISE DE POSITION - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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