Regard politique : le rendez-vous du mardi et du vendredi

Au-delà de l'actualité ! Au long du quinquennat de Nicolas Sarkozy, nous souhaitons apporter notre regard engagé sur les évènements. Repères, propositions, réflexions... rythmeront le blog. Nous vous donnons rendez-vous tous les mardis et vendredis.

vendredi 21 août 2009

Du développement durable au progrès durable : de l'exclusion du bonheur à sa réhabilitation (iii et fin)

Vers le progrès durable

Il ne s'agit pas d'opposer le collectif à l'individuel, bien au contraire. Il s'agit de les conjuguer ensemble.

 

Intuitivement, je rajouterai donc aux trois piliers du développement durable :

• le sens du libre choix : que fais-je personnellement au regard de l'environnement, de l'économique et du social ? A que m'apportent et qu'impliquent mes choix ?

• les institutions sociétales : la structure collective dans laquelle est plongé l'individu (école, système de santé, démocratie locale, vie associative, justice, ...).

 

Je propose une représentation sur la base d'une étoile à cinq branches. Le centre est la conjugaison de tout. Les branches de l'étoile nous proposent des conjugaisons partielles qui mériteraient d'être spécifiées. A qui de mes lecteurs l'honneur de commencer ce travail ?

Prog_dur



L'idée du bonheur

Les économistes et psychologues observent que la satisfaction d'atteindre un but est central au bonheur. On doit citer dans l'orbite du bonheur : une vie de couple durable ; une bonne santé ; un emploi rémunérateur ; l'appartenance à une croyance religieuse ; la confiance en son gouvernement ; la faible consommation de divertissement passif (style TV) ; l'évitement de la mobilité géographique ; l'inflation plutôt que le chômage ; pas de flexibilité ; pas trop de redistribution des revenus ; la qualité des relations humaines ; le travail ; le mouvement ; le flux...

 

Je retire de cette énumération que le système social dans lequel on est, est une part des choix qu'on fait. Ce qui implique que les choix de l'individu pèsent et que la structure institutionnelle pèse pour ce qui lui revient.
Sans oublier que le progrès durable ne peut pas être durable s'il est assis sur un développement qui ne le serait pas.

 

Comme j'aime à le dire, le bonheur des uns participe au bonheur des autres ; en ce sens, il est plus facile de se trouver une place au soleil quand la société est prospère que lorsque les autres sont miséreux. Construire les bonheurs des autres c'est aider au sien. L'ambition du collectif ne peut être que de servir le bien être, le bien vivre ensemble.

 

En conclusion, je ne sais pas si cette idée de progrès durable est un concept creux ou non. Par contre, je suis convaincu qu'une certaine humilité mal placée exclut de la réflexion et de l'action la question du progrès pour l'homme en tant qu'individu. Résoudre la question des crèches ou des maisons de retraite c'est intervenir sur le champ du bien vivre (ensemble).

 

Cajj

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mardi 18 août 2009

Du développement durable au progrès durable : de l'exclusion du bonheur à sa réhabilitation (ii)

L'idée de bonheur dans tout ça

Pourquoi parler du bonheur ? J'ai choisi de parler du bonheur car si celui-ci a une composante individuelle, il a aussi une composante collective.
De plus,
selon les dernières thèses scientifiques, le bonheur est un des fondements les plus importants du développement de l'espèce humaine. À l'inverse, on doit s'interroger sur l'impact à long terme de l'absence de bonheur, impact notamment sur le développement de la civilisation occidentale capitaliste.

Si le développement durable a quelque chose à voir avec l'harmonie (environnement-social-économie), il n'a que peu à voir avec le bonheur. La politique peut-elle avoir quelque chose à faire avec le bonheur ? Si comme le disait le poète Jean Marie "le bonheur c'est un moment de paix dans un flot d'emmerdements", alors la politique s'adresse non pas au bonheur mais au bien-vivre !! Combien de village revendiquent-ils le bien-vivre ensemble !!???

Le développement des cinquante dernières années est un fiasco en terme de bonheur/ bien-vivre malgré les 35 heures et le ministère du temps libre.
Ceci serait moyennement grave tant qu'on ignore que le bonheur joue un rôle décisif dans la survie de l'espèce humaine. Ceci serait moyennement grave si nous ne cherchions pas à donner un sens à la vie.

mug

Egalement celà nous amène à une seconde réflexion : le développement qui n'intègre pas l'individu peut-il être source de sous-développement de l'Homme ? Je définit ici le sous-développement par : mouvements sectaires, conduites addictives, intégrismes liberticides, dépravation, dépression, hooliganisme, dégénérescences sexuelles (pédophilie, zoophilie), violence urbaine ou conjugale, ... Nous ne souhaitons pas ici aller plus loin dans la réponse ; elle nécessite la mesure sérieuse des choses dans le temps ; aussi, laissons la question posée.

Je propose, donc, d'essayer de dépasser la notion de développement durable. Le développement n'ayant pas de connotation positive ou négative, je propose d'envisager la notion de progrès durable. En posant cette notion, je veux évoquer un développement qui intègre l'individu et qui ne s'arrête pas au communautaire.

Évidemment, une fois l'idée lancée en l'air, il reste à lui donner de la substance.

La modernité c'est le basculement de la tradition à la liberté ; sur le plan intellectuel, cette évolution marque le siècle des Lumières. Mais constatons que jusqu'en 1950, la vie des individus était réglée par la (une certaine) tradition. Les femmes mourraient en couches, les hommes à la guerre, les rescapés de la grippe espagnole, les enfants les uns avant les autres, ... on ne faisait pas d'études, on tachait de travailler dur pour gagner peu.
Depuis les années 50, chacun choisit sa vie : marié ou non, avec enfant ou non, avec vie sexuelle ou non, hétérosexuel ou homosexuel, employé exploité ou riche pisciniste... ainsi, chaque marque automobile donne, à ses propects, le choix d'une quinzaine de modèles ; trente ans plus tôt, c'était trois et on les renouvelle plus vite qu'un bail. Sur le plan matériel, selon la terminologie marxiste, la liberté réelle se confond de plus en plus avec la liberté formelle : l'inséré professionnel (ouvrier, employé, ...) a la même chose que le bourgeois qui peut travailler mais en plus petit (voiture, vacances, mutuelle, logement, loisir, retraite, ...).
(Ce qui n'est pas le cas de l'exclu, du chômeur longue durée, bien évidemment).

cajj

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vendredi 14 août 2009

Du développement durable au progrès durable : de l'exclusion du bonheur à sa réhabilitation (i)

Le développement durable : un concept déjà dépassé

dev_durable


Depuis quelques années, nous avons conceptualisé le développement durable et le schéma ci-dessus le modélise. La société s'essaye à donner corps à ce concept : comment, au quotidien, construire une croissance favorable à l'environnement et au social ; en France, on parle de Grenelle de l'environnement, d'Agenda 21.

 

J'ai la faiblesse de croire qu'après la crise, tout risque de recommencer comme avant. J'ai la faiblesse de croire que nous sommes à un tournant et que le nouveau monde peut s'inventer aujourd'hui avant de reprendre les mauvaises habitudes.

 

A l'occasion de ce tournant et de cette réflexion, je me demande si le développement durable n'est pas déjà un concept à dépasser, un concept de l'ancien monde ?

 

"Mes anciens collègues envient ma vie, un peu moins mon compte en banque" dixit Laurence Shorter, ancien de la City in "Le secret de l'optimiste". Cette citation pose, dans le monde d'aujourd'hui, la question du bonheur et de son sens.

 

Il est paradoxal que l'Occident rencontre, depuis 50 ans, d'un côté une ère de prospérité économique sans pareil, des progrès technologiques exceptionnels, une médecine avec des résultats, une période de paix durable, des acquis sociaux qui s'additionnent, et de l'autre une baisse du sentiment du bonheur. On parle à cet endroit du syndrome japonais, peuple heureux et démuni en 1950, peuple conquérant (commercialement), bien pourvu et peu heureux en 2000.

 

Poser la question du bonheur, c'est poser la question du sens de notre civilisation. À quoi tout cela sert-il si ce n'est pas pour le bien de chacun et de tous ?

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mardi 11 août 2009

La France centre de l'économie-monde ?

Quel sera le nouveau leader de l'économie-monde ? Aujourd'hui, après Boston et New York, la Californie est le centre. Cela fait 120 ans que les Etats-Unis ont pris la primatie de l'économie.

Je ne sais pas et je n'ai pas les données pour imaginer le monde de demain. Je ne saurai avoir l'intuition de l'avenir.
Néanmoins on peut faire quelques observations. Les centres d'économies monde sont avant tout (n'en déplaise au tenant de l'industrie) des noeuds de fluence autrement dit des noeuds de circulation, proposant les conditions d'un développement marchand très dynamique. (1)

Il est mieux que cette activité marchande soit soutenue par une force militaire qui sécurise le commerce (à dimension internationale) et par la présence à proximité d'une production à exporter et d'un pouvoir d'achat importateur.

La France réunit tout cela. Avec les Etats-Unis et l'Angleterre, elle sécurise les mers du monde et le commerce international. Que seraient les tankers qui ne pourraient atteindre leurs destinations, arraisonnés par les pirates !!!
Elle a su, au fur et à mesure des décennies, développer un savoir marchand de très bonne qualité à défaut d'être le meilleur du monde. Nous sommes, décennies après décennies, un des plus gros exportateurs par tête d'habitant ou même le quasi-meilleur hors les pays pétroliers ; nous sommes peut-être très mauvais et plein de faiblesses, mais les autres sont pires hors l'Allemagne, la Hollande, ...

Qui plus est la France a quelques atouts secondaires : un niveau de formation de très bonne qualité, un bon réseau universitaire, une ouverture au monde et à ses élites, quelques entreprises d'excellences internationales (Total, LVMH, Renault, Peugeot, Michelin, Accor, L'Oréal, Danone, Bouygues, Alsthom, Areva, Axa, BNP-Paribas ...).

Que peut-on dire des grandes évolutions de la consommation sur ses 60 dernières années : le divertissement, la santé et les seniors pèsent de plus en plus lourd.

Que peut-on dire des évolutions économiques en cours ? Les pays émergés (Inde, Chine, Russie, ...) produisent par dizaine de milliers de nouveaux millionnaires.

Constatons que la France est devenu le premier pays touristique au monde.
Constatons que la France est devenu le premier pays d'accueil des (riches) retraités (notamment anglais).
Constatons que notre système de santé est à la pointe comme celui de prise à charge à domicile.
Constatons que nous avons une démographie dynamique et que la jeunesse de demain ne trouvera pas d'emploi en usine sur le territoire métropolitain.
Constatons que la capacité à mettre en valeur notre patrimoine géographique, historique, culturel, gastronomique, ... est exceptionnelle. Connaissez-vous un village de France qui ne propose pas son festival ?
Constatons que notre industrie et artisanat agro-alimentaires est le meilleur du monde.
Constatons que la France est un des pays les moins peuplés au km2. En annexe, je vous ai pris une photo d'Auribeau, côte d'azur ; la mer et Cannes sont dans l'axe de vue. Il n'y a qu'arbres verts et jolies maisons dans une région réputée pour son bétonnage.

Auribeau

Demain, dans 20 ans, la France peut prendre une place originale dans l'économie mondiale et financièrement lucrative (sans doute) : être le pays touristique et la maison de retraite des millionnaires du monde qui voudront un peu de soleil, beaucoup de culture et le meilleur savoir-vivre au monde.

La seule faiblesse potentielle tient à notre capacité à proposer de la main-d'oeuvre pour l'aide à domicile qui permette un coût de la vie compétitif. Sera-ce du personnel Pakistanais de passage ?
La deuxième faiblesse serait de trop laisser les immondes centres commerciaux d'extérieur de villes polluer les paysages avec l'appui des misérables éoliennes.


En attirant les vieux cadres les plus dynamiques du monde, elle fera venir, comme aujourd'hui et plus encore, quelques entreprises clé pour soutenir une activité économique de qualité.

Je ne sais pas si la France deviendra un centre d'économie-monde. Mais elle a assurément des atouts maîtres dans le monde de demain autour du tourisme et des seniors.

Cajj

(1) : je vous renvoie aux autres articles de ce blog ; un sommaire est à votre service.

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vendredi 22 mai 2009

Inflation et croissance : où en sommes-nous ? (2)

ChaiProspective : La question est celle de la victoire des forces de croissance (la vie hors industrie) sur les forces de repli (industrie). Qui va gagner ? Est-ce que l'industrie va nous entraîner dans sa chute ? Ou est-ce que la dynamique (faible, mais positive) du reste de l'économie va faire repartir l'industrie ?
Actuellement nous connaissons un recul de l'activité économique de l'ordre de -3%.

L'industrie est frappée par un triple phénomène :
- baisse de l'activité
- amplifiée par un déstockage massif (on puise dans les stocks pour fournir le client plutôt que de produire)
- et un attentisme en terme d'investissement (l'industrie achète moins pour elle-même des machines).

Il faut espérer qu'une légère reprise de l'investissement, du stockage et une stabilisation de l'activité permettront à l'économie tout entière de rebasculer dans un cycle positif.

Les raisons d'optimisme sont nombreuses. Mais la spirale du cercle vicieux de la déflation reste une menace forte dont les conséquences seraient dramatiques et sans commune comparaison avec les difficultés importantes que nous vivons !!

Pour échapper à la dégringolade, il est vital que le redémarrage soit rapide. En d'autres termes, il faut que les résultats économiques du troisième trimestre soient bien moins mauvais que les deux qui nous précèdent.

En attendant, consommons, consommons, avec une préférence pour l'origine française des produits.

cajj

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mardi 19 mai 2009

Inflation et croissance : où en sommes-nous ? (1)

Il y a deux choses différentes. L'indice des prix à la consommation et l'inflation

Le premier nous informe de l'augmentation (ou la baisse) des prix pour le consommateur.

Le second traduit un phénomène économique d'augmentation autoentretenue des prix : c'est-à-dire que l'augmentation des prix entraîne l'augmentation des prix. Le phénomène s'articule sur une succession : augmentation des prix, puis des demandes salariales accordées pour maintenir le pouvoir d'achat, puis nouvelles augmentations des prix pour financer ces augmentations salaires, et la boucle continue avec une tendance à la croissance. L'inverse s'appelle déflation.

L'indice des prix était de plus +2% annuel au début 2006, pour tomber à quasi +1% à mi-2007, puis a franchi les +3,5% à la mi-2008, pour être à +0,1% en avril 2009.
Ces chiffres sont l'augmentation annualisée des prix ; ils cumulent à la date T, les douze derniers mois d'inflation.

Mais si on retire de cet indice d'augmentation les produits alimentaires et les prix de l'énergie, impactés par les cours des matières premières, on constate que le niveau des prix progresse de +1% début 2006 pour franchir les +2% fin 2008 et être à +1,6% en avril 2009.

1ère conclusion : nous ne sommes pas devant un phénomène inflationniste, mais les prix sont impactés par les variations des prix alimentaires et de l'énergie.

2ème conclusion : nous ne sommes pas devant un phénomène déflationniste puisque l'augmentation est positive.
Inflation
3ème conclusion : la petite augmentation des prix que nous connaissons (inférieur à +2%) peut nous laisser croire que l'économie française maintient un dynamisme minimum. En réalité, si ceci est vrai, il faut nuancer entre une industrie qui connaît un violent repli de son activité et le reste de l'économie encore dynamique.
L'équilibre parfait, c'est-à-dire +0%, porte un autre nom : la mort.

SUITE VENDREDI

cajj

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vendredi 23 janvier 2009

Plan de relance : comment dynamise-t-on la croissance ?

On a vu dans l'article précédent que la création monétaire jouait un rôle primordial dans la croissance. Approfondissons notre observation sur ce qui stimule la croissance.

Rappelons que la croissance en tant que phénomène de longue période est récente dans l'histoire de l'humanité. Elle prend son origine dans la révolution industrielle et n'a jamais été démentie depuis mais connaît des à-coups, des crises (légères ou fortes) momentanées.

La croissance c'est l'augmentation en valeur (en euros) hors inflation de la production vendue de biens et de services.
Soit les producteurs vendent plus, soit les acheteurs achètent plus. Ce sont les deux modalités de description du phénomène.

Aussi, pour relancer la croissance, il faut soit favoriser le développement de la production, soit le développement de l'achat, soit les deux. On appelle cela, pour le premier le développement de l'offre, pour le second, le développement de la demande.

La politique de développement de l'offre consiste à baisser les coûts des producteurs (charges sociales, impôts, aides...) pour les aider à augmenter leur offre. L'offre étant augmentée (la baisse des coûts permet de produire plus avec les mêmes ressources), les consommateurs achètent plus ; le producteur gagne plus d'argent, paie plus d'impôts, de salaires, de dividendes et d'intérêts. Anticipant l'augmentation d'achat, le producteur produit plus, puis vend plus, ...

La politique de développement de la demande consiste à augmenter le pouvoir d'achat des consommateurs pour qu'ils consomment plus et qu'ainsi le producteur suive en augmentant sa production.

Le financement de l'économie, les banques, les taux d'intérêt sont une source stratégique de baisse des coûts pour les entreprises et d'augmentation du pouvoir d'achat pour les consommateurs.

Si l'augmentation de l'offre n'est pas suivie par l'augmentation de la demande, on a une déflation et pourquoi pas une récession.
Si l'augmentation de la demande n'est pas suivie par l'augmentation de l'offre, on a une inflation et pourquoi pas une récession.

Bien sûr pour augmenter l'offre et la production sur le long terme, il faut des innovations technologiques et un personnel apte à la mettre en oeuvre (formation, augmentation du niveau de compétences).

Reste à juger du plan de relance !

CAJJ

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mardi 13 janvier 2009

Création monétaire, économie et croissance

La création monétaire au coeur de la compréhension de l'économie et de la croissance.

Une expression me fait toujours bondir : économie réelle comme si l'argent perdu par Kerviel et la Société générale n'était pas réel, comme si Lehmans Brothers n'avait pas fait faillite.

Depuis quand la monnaie n'est-elle plus constituée de pièces d'or et d'argent ? Un siècle. La monnaie n'est pas réelle ; à défaut d'être virtuelle, elle est fiduciaire et électronique. La monnaie n'est pas réelle et tous les jours de notre vie, nous l'utilisons pour payer nos achats et l'acceptons comme salaire. Alors arrêtons d'opposer économie réelle et économie monétaire qui ne sont que les deux faces d'une même pièce.

La croissance de l'économie réelle s'appuie sur une croissance de la masse monétaire. Il n'y a pas de croissance sans croissance de la monnaie.
Prenons un schéma simplifié. Soit des usines produisant 1000 téléviseurs à 500 euros pièce. Pour vendre ces téléviseurs, il faut que les consommateurs possèdent 500.000 euros (1000x500). Admettons. Les usines vendent leurs téléviseurs encaissent 500.000 euros qu'elles reversent aux salariés des usines.
L'année suivante les usine produisent 1010 téléviseurs. Comme les consommateurs qui sont les salariés ont 500.000 euros, ils s'achètent 1000 téléviseurs. Les 10 supplémentaires restent sur les bras des usines. La croissance est à 0% !!!!

D'où vient donc la croissance ? De l'économie non réelle !!! Y a un type, dénommé banque (crédit) ou Etat (planche à billets), qui décide de prêter 5.000 aux consommateurs. Et là les 10 téléviseurs supplémentaires sont achetés, les usines encaissent 505.000 euros qu'elles reversent aux employés. La croissance est à 1%.

Tout va très bien quand la croissance monétaire est en symbiose avec la croissance de la production.

Si la banque prête 5.000 aux consommateurs et que les usines produisent 1.000 téléviseurs, que se passe-t-il ? Les usines augmentent leur prix et vendent 1.000 téléviseurs à 505 euros pièces. C'est ce qu'on appelle l'inflation.

L'inflation c'est de la croissance monétaire qui n'a pas donné de la croissance de la production. (Et là Keynes rejoint les monétaristes).

Le crédit ne doit pas suivre l'économie mais la devancer avec pertinence. L'équilibre, l'égalité monnaie production, c'est la mort. Avancée, marcher, courir, pédaler c'est être en déséquilibre. La vie c'est le déséquilibre. La mort c'est l'équilibre : plus rien ne bouge.

Accepter enfin cette réalité nous permettra de construire un système qui évite la multiplication des dérives financières -trop souvent à l'œuvre ces derniers mois- mais qui soutient également la croissance.

CAJJ

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