(repères)

La croissance c'est l'augmentation de la production de biens et de services.

Il y a croissance si cette augmentation de production est effectivement vendue.

Il y a donc croissance quand il y a augmentation de la production et augmentation de la consommation.

Il existe deux sources principales d'augmentation de la production,
la croissance extensive vient de l’augmentation des quantités des facteurs de production utilisés (ex. : plus de personnes travaillent)
la croissance intensive vient de l’augmentation de la productivité du travail et/ou du capital (fabriquer plus avec le même nombre d'heures de travail grâce à des machines plus efficaces).

Comment stimule-t-on la croissance ? Soit en favorisant l'offre (1), soit en favorisant la demande (2), soit en favorisant les deux.

(1) On peut favoriser l'offre par baisse des taux d'intérêt pour l'investissement des entreprises. Les entreprises empruntent, puis achètent des machines plus performantes, puis produisent davantage avec la même quantité de main d'œuvre, puis propose cette nouvelle production. Si elle est achetée, il y a croissance, sinon, les entreprises ralentissent la production dans le cycle suivant.
Si elles vendent plus, les entreprises gagnent plus d'argent, embauchent et/ou augmentent les salaires. Les consommateurs (qui sont des travailleurs) sont donc plus "riches" et consomment davantage, ainsi de suite.
(2) On peut favoriser la demande en distribuant des allocations aux ménages. Dès cet instant, les ménages peuvent aller dans les magasins acheter davantage. Soit les entreprises suivent, voient les stocks diminuer et produisent davantage, soit elles en profitent pour augmenter leurs prix. Si elles augmentent leur prix, il y a inflation (augmentation des prix) mais pas croissance (augmentation de la production).

Le problème d'une politique qui stimule l'offre, c'est que dans une économie ouverte (importation/exportation) il y a un risque fort pour que les consommateurs achètent étranger et non "produit en France".
De l'autre côté, les entreprises n'augmentent leur production que si elles pensent la vendre non seulement en France mais dans le monde entier où elles sont pour un grand nombre (directement ou indirectement).

La croissance est un cercle vertueux comme la crise est un cercle vicieux.

Mon fort sentiment est que la France n'arrive pas, depuis 20 ans, à entrer en phase de croissance soutenue car une fois les conditions réunies (que les entreprises soient prêtes à la croissance et les consommateurs à consommer) nos politiques fondamentalement homéopathiques ne bousculent pas les choses et que c'est l'inertie qui l'emporte. Nous n'allons pas de l'avant, nous restons moyennement sable dans la croissance comme dans la crise.

cajj