Regard politique : le rendez-vous du mardi et du vendredi

Au-delà de l'actualité ! Au long du quinquennat de Nicolas Sarkozy, nous souhaitons apporter notre regard engagé sur les évènements. Repères, propositions, réflexions... rythmeront le blog. Nous vous donnons rendez-vous tous les mardis et vendredis.

vendredi 30 octobre 2009

Restauration et baisse TVA : un bel avenir ?

(Réflexion)

"Quand le bâtiment va tout va".

Pourquoi ? Parce que chaque euro investit dans le BTP reste en France. Quand on achète un téléviseur, si l'inventeur est européen, si le distributeur est français, l'usine est chinoise. Dans le BTP, le béton qu'on coule ne peut pas venir de Chine.

Il en est de même pour la restauration. Hors les bénéfices de McDo et consorts, soit quelques pourcents.

Je suis pour une stratégie de TVA réduite pour toutes les activités dites présidentielles (ce qui est produit et consommé sur place).


Restauration : ni prix, ni embauche ?

Dans la restauration, la TVA a baissé et on ne voit ni embauche, ni augmentation de salaires, ni baisse des prix.

Que doit-on en conclure ? Rien. Conclure, c'est affirmer que l'économie est quelque chose de statique, qu'on baisse la tva en juillet, qu'en août on baisse les prix, qu'en septembre on embauche et qu'en octobre on augmente les salaires.

Et bien non ! L'économie c'est une dynamique. Ce n'est pas un stock, c'est un flux. Ce n'est pas un tas d'or, c'est de la monnaie qui passe de main en main. (À ce propos je vous invite à relire mon histoire du 20/06/2009).


L'oeuvre du temps : la dynamique de l'économie des restaurants

Je parie, je parie parce que je n'ai pas les moyens de faire une évaluation ex ante (nom de l'étude rigoureuse pour rassembler des faits objectifs et les analyser dans une vision évaluative), je parie donc, qu'en cette période de crise et d'incertitude,

1) Temps 1 : les patrons vont garder pour eux la baisse de la tva, pour gagner plus et dépenser plus (dans leur vie perso), pour améliorer la trésorerie de leur entreprise, pour réaliser des investissements dans leur affaire

2) Temps 2 : (pas avant 2010), quelques embauches seront réalisées

3) Temps 3 : [l'absence d'augmentation des prix d'année en année dans un contexte d'inflation faible, rendra le prix d'un repas moins cher (en heure de smic)] + [la reprise économique] stimuleront l'activité de la restauration

4) Temps 4 : (les années 2011-2015) la restauration connaîtra une augmentation des effectifs (pour peu qu'on arrive à former les gens) et des salaires.

 

Dans 5 ans, le résultat sera supérieur à la mise de fonds. La somme des nouveaux salaires, de la baisse de prix et de nouveaux emplois sera supérieure à la somme de la baisse de la TVA.

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Efficience ? Mettre l'argent ailleurs ?

Est-ce que cette mise de fonds n'aurait pas été plus efficiente ailleurs ? Est-ce qu'on n'aurait pas pu avoir plus de conséquences positives en mettant l'argent ailleurs. Je pense, je crois intuitivement que la restauration est un bon investissement. C'est un secteur d'avenir, on a vocation à externaliser ses repas de plus en plus ; ajoutons que c'est une activité clé dans le tourisme international, secteur clé de la prospérité française future.

 

CAJJ

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mardi 27 octobre 2009

Afghans en France

(actualité)

Que faut-il penser des Afghans en France ?

 

Alors que tous les Français financent la paix en Afghanistan
alors que des jeunes Français se font tuer pour la paix en Afghanistan,
il est des Afghans qui ne trouvent rien de mieux que de laisser nos jeunes Français être la cible de talibans alors qu'eux rejoignent le paradis capitaliste.

 

Depuis la nuit des temps la guerre est une tragédie.
Depuis la nuit des temps, les hommes sont condamnés à faire la guerre, à défendre l'intégrité de leur patrie, et l'intégrité de leur famille. C'est triste, mais c'est ça la vie.

 

Renvoyer des Afghans vers l'Afghanistan, c'est choquant car c'est renvoyer des êtres vers la guerre.
Mais que font-ils chez nous ces Afghans pendant que nous nous faisons tuer pour eux, à tout le moins : aussi pour eux. Qu'ils retournent en Afghanistan pour intégrer la police ou l'armée n'est pas pour me choquer. Est-ce bizarre ?

 

Donnez sa vie pour ceux qu'on aime est la plus grande preuve d'amour ; ces gens-là ne donnent apparemment pas leur vie pour leur pays. Eux n'aiment pas les Afghans ?

Ce sont des pauvres gens, civils, me direz-vous. Cela autorise-t-il tout ?

La fuite d'un dit civil d'un pays en guerre pour sauver sa peau et construire une vie est très compréhensible. Mais cela n'implique pas que nous soyons les seuls  (nous les enfants du capitalisme occidental) à pouvoir avoir les grands élans de l'âme et du coeur.

 

cajj

NB : il existe et nous pratiquons le droit d'asile.


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vendredi 23 octobre 2009

Polémique Jean Sarkozy

(actualité)

C'est sûr, la promotion de Jean Sarkozy à la présidence de l'Epad a donné le sentiment de népotisme, et pour cause. Dans une période de crise et d'exigence de transparence, certains ont été choqués.

Je l'ai été sous réserve. Sous réserve que ce poste de Président soit rémunéré. Or d'après ce que la presse a publié, le poste de président de l'Epad est sans rémunération, ni même bureau, ni même voiture, ni même secrétariat...

Je veux remercier ici Jean Sarkozy de son dévouement à accepter de remplir des missions non-rémunérées. Le dévouement certes, mais l'ambition ? Et bien l'ambition est une qualité pour tous et en particulier pour les élus. Merci à Jean Sarkozy d'en être doté.

Je veux saluer comme l'on fait avant moi certains élus dont des leaders PS, la sagesse de la décision de Jean Sarkozy en renonçant à cette élection.

Je reste en colère contre celles et ceux qui ont ouvert la voie pour ce talentueux jeune élu au mépris de la réalité de la France, des exigences d'éthique, d'exemplarité, de démocratie qui s'imposent à nos élus, plus que toujours, dans cette énième décennie de crise. Trop souffrent pour que le fait du roi serve à quelqu'un qui n'en a pas besoin.

Enfin, je reste un peu inquiet que la presse néglige les grands sujets pour faire tant de polémique sur un sujet non contournable mais mineur.


cajj

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mardi 20 octobre 2009

Augmentation des impôts

(repères)


Définition

On détermine le niveau des impôts et son évolution, en rapportant la somme des prélèvements obligatoires (= impôts, taxes, cotisations sociales...) sur le PIB (la richesse de la France, son chiffre d'affaires net. On obtient, 42% : 42 euros sur 100 euros produits est prélevé par la puissance publique.

 

(Par ailleurs la puissance publique vend des prestations non obligatoires qui élargissent son champ d'intervention.)


Situation à long terme

"L’évolution des prélèvements obligatoires depuis le début des années 70 se décompose en trois phases de croissance distinctes. Tout d’abord, au cours des années 70 et dans la première moitié des années 80, le taux de prélèvements obligatoires a fortement augmenté passant de 34 % à 42 %. Puis il s’est stabilisé à un taux proche de 42 % jusqu’au début des années 90 où il a repris sa progression jusqu’au taux historiquement le plus élevé de 44,9 % en 1999. Depuis cette date, le taux de PO des administrations publiques s’est légèrement replié pour se situer entre 43 % et 44 % du PIB." extrait du Rapport sur les prélèvements obligatoires et leur évolution 2009.

 

Taux_de_pr_l_vement_obligatoire

Situation actuelle

En 2008, il était de 42,8 %. En 2009, il chute à 40,7 % sous réserve de chiffres officiels et définitifs.

 

Cette chute est liée à la baisse non du taux de certains impôts mais de leur efficacité. Citons deux exemples : la baisse de l'emploi entraîne la baisse du nombre des cotisants et donc des cotisations sociales totales ; la baisse des bénéfices entraîne la baisse des montants perçus sur l'impôt des sociétés (IS).

 

Cette réalité est un nouveau démenti à ceux qui ont longtemps raconté que Sarkozy allait pratiquer une politique de rigueur (augmentation des impôts et baisse des dépenses de l'Etat). Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

 

 

La vitale baisse des impôts

Il n'est pas vraiment de bon ou de mauvais niveau des prélèvements obligatoires (ça serait trop simple). Bien qu'à certain niveau, cela devient prohibitif et l'impôt tue l'impôt.

 

Mais le vrai problème est ce qu'on appelle rendement de la dépense marginale de l'Etat. C'est-à-dire la contribution du nouvel euro (le dernier) dépensé par l'Etat, à la croissance et au bien être.

 

Il est évident que la création de lignes TGV est une dépense hautement rentable pour la collectivité. Il est évident que les dépenses d'éducation nationale sont un des piliers de la croissance à long terme ; mais quand l'Etat augmente les dépenses de l'Education nationale sans que le niveau des élèves ne monte, alors la dépense est un gâchis partiel.

 

En 2009, je suis de ceux qui pensent que la dépense nouvelle par le secteur public est d'une efficacité largement inférieure à celle du privé. En particulier, le secteur entrepreneurial ne peut pas affronter la concurrence mondiale efficacement s'il est trop alourdi d'impôts.


Croissance et impôts

Je note que la récession en France est plus faible qu'ailleurs et qu'au même moment, le taux des prélèvements obligatoires chute. Concomitance (évènements parallèles sans lien, sans lien de causalité entre eux) ? Ou au contraire lien de cause à effets ? La baisse des prélèvements obligatoires aurait-elle soutenu la croissance ? Je n'ai pas la réponse, mais j'ai du mal à croire que l'augmentation des impôts n'aggraverait pas la crise.


Encouragement au gouvernement

Je considère que le plus important, le premier des actes politiques à mener pour encourager la croissance française, l'emploi et le pouvoir d'achat est de baisser le taux de prélèvements obligatoires sur le moyen terme.

 

Alors je ne peux que me réjouir des résultats récents et saluer l'action gouvernementale.

 

cajj

NB : je n'ai pas perdu de vue que cette baisse entraînait la hausse de l'endettement. Nous en reparlerons.

jeudi 15 octobre 2009

Nouvelle lecture de l'économie

(Repères)

Introduction : en quoi les principales théories sont "classiques"

En économie, deux grandes familles de théories ont dominé les 150 ans qui nous précèdent. Il s'agit des théories néo-classiques et des théories marxistes.  Dès l’origine les théories marxistes se sont inscrites dans la filiation des théories (néo-)classiques ; si elles sont critiques, elles n’en demeurent pas moins classiques. En effet toutes les théories en notre possession ont un fondement commun : la production.    
Ce fondement a comme défaut de fondre en un, deux notions distinctes: puissance et richesse, autrement dit production et circulation.

Dans un premier temps, nous observerons comment notre vision (celle communément admise) de la révolution industrielle -vision explicatrice de la construction des théories économiques- est historiquement infondée.
En second lieu, nous regarderons comment la théorie dite des coûts de transactions, à défaut d’être parfaite, a une puissance explicative complémentaire à celles plus usitées, dans la compréhension des dynamiques de notre monde.   

Pour une vision révolutionnaire de la révolution industrielle

Commençons donc par s’interroger sur la nature même de cette révolution industrielle qui façonne notre société moderne.

La révolution industrielle est définie comme une révolution technique, productiviste. Le progrès technique aurait permis d’améliorer les rendements de l’agriculture (produire plus avec moins de travailleurs); on aurait pu ainsi libérer de la main d’œuvre; celle-ci serait venue remplir les usines en même temps que les techniques et la productivité, progressaient. Plus tard, pour une production croissante, les robots auraient permis de supprimer des emplois dans l’industrie rendant disponible de la main d’œuvre pour le développement des services.

Cette explication classique qui repose sur l’argument technologique, n’est en réalité pas satisfaisante; elle laisse en suspens une question fondamentale. Comment se fait-il que le monde arabe et le monde chinois qui possédaient une avance technique considérable sur l’Europe ne se soient pas développés ?
Une étude approfondie tend à montrer qu’avant de pouvoir se développer, il faut le vouloir. Si l’on observe les principautés au premier millénaire, on remarque que les terres agricoles étaient délimitées de façon précise. Il ne s’agissait pas, à l’époque, de défricher une parcelle de plus pour produire davantage. La culture était organisée par le rituel. La production était un rite.
C’est vers l’an Mil que tout a basculé. Avec la chute de l’Empire de Charlemagne est apparue la nécessité vitale pour le pouvoir en place d’accroître la production. Petit à petit l’échange rituel est devenu un échange économique organisé à l’intérieur d’un marché créé, voulu et contrôlé par l’Etat. On est passé de l’échange d’objets à valeur symbolique à l’échange de marchandises à valeur marchande .
La révolution industrielle est donc la conséquence de la révolution idéologique qui a promu le travail et la production au rang de valeur, mais ceci ne suffit pas à expliquer pourquoi le démarrage a eu lieu en Angleterre et non dans un autre pays.

Il faut que des conditions soient réunies pour qu’une nouvelle technique passe du stade l’invention au stade de l’application généralisée dans un système productif. Ces conditions ont été réunies en Angleterre.
On remarque dans l’histoire de l’Europe le développement de villes comme Venise ou Amsterdam. Ces dernières ont connu une prospérité exceptionnelle . Mais ces villes n’ont, à l’époque de leur prospérité, rien produit. Etonnant dira-t-on, on peut être riche en ne produisant rien ! Leur prospérité a reposé sur leur capacité à organiser l’échange entre deux mondes. Pour Venise ce fut l’échange des productions du Saint Empire Romain Germanique contre celles de l’Empire Ottoman tandis qu’Amsterdam contrôla l’échange entre l’Europe et le Nouveau Monde. Toutes les deux étaient des lieux d’échanges, de circulation. Et quand Amsterdam vivait dans l’opulence , la France de Louis XIV rayonnait de puissance. Cette puissance prenait sa source dans la production (les manufactures de Colbert) mais cette dernière ne générait, comparativement, nullement de richesses.
Au sens de puissance nous entendons pouvoir politique.    
La grande force de l’Angleterre a été de réunir en un même lieu, les Îles Britanniques , un espace de production, par la maîtrise technologique, et de circulation, de par sa situation insulaire. Ce mélange usine-banque, l’un symbole de la production, l’autre de la circulation, a été détonnant. C'est ce mélange détonnant qui fonde la révolution industrielle.

 

La richesse et la puissance : deux mondes distincts

Notre monde est donc caractérisé par cette formidable et unique association de la richesse et de la puissance, de la circulation et de la production.
Du fait de cette association nous distinguons mal ces deux notions que nous croyons obligatoirement imbriquées. Pourtant un exemple flagrant a longtemps été sous nos yeux. Quand l’URSS était un pays, grand producteur, très puissant et peu riche, la CEE était un espace de circulation, très riche et extrêmement peu puissant.

 

Le schéma ci-attaché illustre ce qui est du côté de la puissance et ce qui est du côté de la richesse.

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Qu’avons-nous entre la production et la circulation ? La transaction. Il nous faut fabriquer et ensuite répartir cette fabrication. L’économie est l’organisation de la transaction: la production et la mise en circulation de cette production.

De plus, sans entrer dans une démonstration nécessaire, LE marché n'existe pas. Il existe DES marchés autonomes mais interdépendants ; pire, il existe des transactions autonomes. Peut-on dire qu'il existe un marché immobilier ? Chaque produit (neuf, ancien, appartement, centre-ville, maison près de la gare, campagne, ...) est différent. Quelle est l'ambition de tous les responsables du marketing à stratégie de produits différenciés ? Qu'on ne compare pas son produit avec un autre ; non Nespresso ça ne fait pas du café comme Nescafé, c'est autre chose, mais à la fin on boit tous du café.

 

La hiérarchie (= l'entreprise) et le marché

Il existe deux formes d’organisation de l’échange : la hiérarchie et le marché.
La hiérarchie désigne l’entreprise; dans ce cadre, la coordination des activités économiques repose sur des relations d’ordre et de hiérarchie; on parle à ce sujet d’internalisation: produire en interne (dans l’entreprise) ce qui est produit à l’extérieur. Ce phénomène a été illustré par le mouvement d’intégration verticale qu’ont connu beaucoup de grands groupes.
Dans le cadre du marché nous n’avons plus à faire à un ordre (de la direction à l’ouvrier) mais à un contrat et à un échange (entre le client et le fournisseur). On parle alors d’externalisation; il s’agit pour l’entreprise de faire-faire, de sous-traiter même s’il peut être question davantage de partenaire que de sous-traitant. Ce mouvement d’externalisation s’observe par la fameuse stratégie de recentrage sur le métier d’origine, opérée par nombre d’entreprises; ainsi, on peut dire autant “assemblier” que “constructeur” pour parler des Peugeot, Renault etc. ; ils assemblent des éléments fabriqués dans d'autres usines que les leurs.
Bien évidemment, entre ces deux modes alternatifs de coordination des activités économiques, il existe toutes les formes hybrides inventées ou à inventer (participation croisée, GIE…).

Mais nous devons intégrer dans notre imaginaire économique, que l'entreprise est l'organisation opposée et alternative du marché : créer une entreprise c'est éviter de faire appel au marché.

 

Constatant qu’il existe deux formes de coordination, on peut se demander pourquoi y a-t-il tantôt l’une ou tantôt l’autre. La réponse est simple, c’est la supériorité sur le plan de l’efficacité économique qui est le critère décisif. Quand l'entreprise-hiérarchie est plus efficace économiquement, elle supplante le marché et inversement.


Mais alors dans quels cas l’efficacité se trouve-t-elle du côté de la hiérarchie et inversement ?

 

La théorie néo-libérale expose que la libre concurrence permet l’affectation optimale des ressources. Libre concurrence veut dire économie de marché; sur un marché, on a confrontation des offres et des demandes, et c’est donc de cette confrontation que naît l’optimum (c'est-à-dire l'état le plus favorable, le meilleur possible d'allocation des ressources en fonction des conditions données).
Lorsque l’on regarde la réalité, on observe l’existence d’entreprises. Cette observation rentre en pleine contradiction avec la théorie. Car l’entreprise est une hiérarchie, c’est-à-dire l’alternative du marché. Or si le marché permettait d’atteindre l’optimum, il ne devrait pas exister d’entreprise. Et si la hiérarchie s’avère supérieure au marché pour atteindre l’optimum c’est que la théorie est (partiellement) fausse.
Il nous faut revenir aux hypothèses des descendants d’Adam Smith. Il en est une qui stipule que pour que la “main invisible” s’exerce, que pour que la concurrence pure et parfaite soit, il faut que l’information circule librement. Ici librement signifie sans entrave mais aussi sans coût. Or l’information n’est pas gratuite contrairement à l’hypothèse de nos économistes historiques. Et c’est là que tout bascule.


Le coût de transaction : l'oublié de notre réflexion économique

Le coût de transaction désigne le prix du face à face entre deux agents économiques, individuels ou collectifs désirant échanger.
Lorsque la ménagère part faire ses courses, il lui est impossible d’aller étudier les prix dans les cinq grandes surfaces à sa disposition avant d’acheter. Or seule cette méthode permet la confrontation des offres et donc la libre concurrence et donc l’atteinte de l’optimum. Cela lui est impossible car pour faire cette consultation, il lui faudrait investir des moyens et du temps, et le temps c’est de l’argent.
Imaginons que nous soyons une institution. Dans le cadre de nos activités, il nous faut éditer divers documents. Imaginons que pour ce faire, nous recourions à l’appel d’offres (avec sélection du moins disant) pour trouver l’imprimeur le moins cher pour chaque travail. L’obtenons-nous ? Peut-être mais peut-être pas. Car ce que notre comptabilité ne nous dira jamais, c’est la dépense qu’institution, nous aurons faite pour expliquer à l’imprimeur nouveau ce que nous voulons. Si nous gardons le même imprimeur, son habitude de nos travaux, permettra aux responsables du dossier -pour le compte de l’institution- de passer beaucoup moins de temps et d’énergie sur ce dossier (donc d’argent). Il faut que le gain d’un côté soit supérieur à la perte pour rendre un système supérieur à l’autre. Au bout du compte notre institution s’équipera peut-être d’une imprimerie en interne ?

Quand faut-il coordonner la production par la hiérarchie plutôt que par le marché ? Lorsque le coût de transaction est élevé, la hiérarchie est préférable car permettant d’atteindre un coût total (coût de production + coût de transaction) inférieur.
Quels sont les facteurs qui influent sur le coût de transaction ? A cet égard deux facteurs apparaissent fondamentaux : la complexité et l’incertitude des transactions (si vous n’êtes pas sûr d’être livré à l’heure dite et qu’il en va de la survie de votre entreprise, mieux vaut produire en interne l’élément concerné).


Enfin on peut expliquer la performance de certains monopoles

Cette théorie de coût de transaction permet d’expliquer comment un monopole peut être -dans certains cas- économiquement plus efficace pour la collectivité que la concurrence alors que la "théorie" stipule le contraire. Le monopole évite la multiplication des transactions génératrices de coût. Le coût total, rappelons-le est la somme du coût de production et du coût de transaction ; dans un monopole, le coût de transaction chute, la plupart du temps, tandis que le coût de production a tendance à s'accroître, relativement.
Cette théorie du coût de transaction permet aussi de ne pas opposer, sur un plan conceptuel, l’économie soviétique et l’économie occidentale. Le fondement est le même : la transaction dans un système productif. Dans le premier cas il s’agit finalement d’une hiérarchie par la voie de la planification alors que notre monde serait plutôt du côté du marché.       
On a connu un temps des groupes industriels de plus en plus intégrés. Aujourd’hui, il semble bien que la tendance soit à l’externalisation. L’élément marquant de notre présent est l’explosion des moyens de communication bénéficiant de la révolution informatique. Cette amélioration considérable de l’information minimise vraisemblablement la complexité et l’incertitude des transactions et donc le coût de transaction, rendant le recours à l’externalisation plus efficace. On comprend bien alors que l’information est un élément phare de cette circulation si nécessaire au développement de notre société démocratique.

Remarquons que les dictatures -comme l’URSS- ont toujours agit avec la volonté de contrôler l’information; comme par hasard, leur développement économique s’en est trouvé passablement ralenti.


En guise de conclusion

Les théories  économiques  à  notre disposition ne nous ont pas permis d’éviter la crise. L’Histoire semble nous montrer qu’elles ont eu tort de rendre premier la production. La circulation est l’autre facteur indispensable sans lequel on ne peut comprendre pleinement le développement économique occidental issu de la révolution industrielle. Aussi la prise en compte simultanée de la production et de la circulation nous amène à placer en position centrale la question de la transaction. Cette mise en perspective permet d’ébaucher un modèle alternatif aux théories classiques et critiques; sa valeur explicative semble avoir une pertinence supérieure à ces prédécesseurs.
Même si l’on se doit d’aller jusqu’à la construction d’un corpus théorique solide, on peut dès aujourd’hui essayer de porter un regard neuf sur les politiques de notre développement.

1ère remarque : les règles des marchés publics sont une négation de la réalité profonde du marché ; cela entraine des effets pervers.

2ème remarque : cette double approche  apporte une réponse en gestion des entreprises à la question du "faire" ou "faire-faire", internaliser ou externaliser.

3ème remarque : cette double approche appelle les Etats à organiser les marchés en gardant en tête l'objectif de baisse des coûts de transaction

4ème remarque : cette double approche nous conduit à accepter la vraie nature de la Bourse : marché autonome de placement et fabrication d'argent.

Cette volonté nouvelle ne doit pas nous faire escamoter le fait que l’action -à la différence de la théorie- a souvent été davantage contrainte par un réalisme implicite qu’une théorie explicite. Ce qui signifie que notre développement ne s’est pas toujours construit conformément aux indications de la théorie. Intuitivement, les gens et les entreprises ont intégré peu ou prou le coût de transaction dans leur fonctionnement.

CAJJ

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Merci M. Williamsom, nobel d'économie

La suite d'articles (ci-dessus) doit beaucoup à certains auteurs. Nous nous limiterons à deux :
- Michel Henochsberg, La place du marché
- Oliver E. Williamson, Les institutions de l’économie, PRIX NOBEL D'ECONOMIE 2009.

Nous l'avons publiée en 2007. Il s'agissait de 4 articles. Les voilà tous réunis en un seul. C'est un peu long, mais bonne lecture quand même.

CAJJ

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mardi 13 octobre 2009

Nobel d'économie Oliver Williamson (suite)

Je reviens d'un tour sur la toile.

 

 

Deux remarques :

 

- son livre en version française n'est plus disponible : c'est dire tout le mépris intellectuel qu'on a pour ces thèses ;

 

 

- nombre de livres sur l'histoire de la pensée et des théories économiques ne citent même pas Coase et Willliamson : c'est dire tout le mépris intellectuel qu'on a pour ces thèses.

 

 

Si vous pensez qu'il y a lieu, en cette période de crise, de sortir de la pensée unique pour voir le monde autrement, je vous invite à lire les articles que j'ai écrit à la suite de travaux de Williamson.

 

 

Je les republie sur le blog, demain, mercredi.

 

 

Bonne journée

 

cajj

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Nobel d'économie Oliver Williamson

Je salue le nobel d'Oliver Williamson. Il a proposé à la suite de Coase, nobel 1991, une lecture de la réalité du marché.

 

 

La thèse incontestée de Coase-Williamson est que si le marché fonctionnait comme indiqué par la théorie néo-classique (la théorie de l'économie de marché) alors l'entreprise n'existerait pas.

 

Donc la théorie est partiellement fausse. La vraie réalité de notre vie, plus que synthétiquement résumée ici, est que : coût d'un produit = coût de production + coût de transaction ; la théorie originelle dit coût d'un produit = coût de production ; l'apport n'est pas anodin, il est révolutionnaire. Quand on a compris cela (qui est une réalité implicite de notre quotidien) alors comprend beaucoup de choses.

 

Pour celles et ceux que ça intéresse lisez les articles que nous y avons consacré.


Une nouvelle lecture de l'économie 1, 2, 3 et 4

Catégorie : repères

Dates :

10/08/07

17/08/07

4/09/07

7/09/07

 

Bonne journée

cajj

NB : Je pense que je vais les rééditer cette semaine.

 

 

 

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vendredi 9 octobre 2009

Analyse de la stratégie électorale et politique de Nicolas Sarkozy (2sur2)

(REFLEXION)


Est-ce efficace ?

Oui et non.

Dans la réalité politique, il apparaît que pour les élections à enjeux idéologiques forts (présidentielles, législatives) cette stratégie est efficace. L'unité dès le premier tour évite les oppositions secondaires ; c'est sur ces oppositions que les candidats du même camp s'affrontent ; ils prennent le risque de se fâcher avec des électeurs dont celui qui sortira en tête aura besoin.

Inversement, dans les élections locales, cette stratégie est plutôt une faiblesse. En effet, le candidat de gauche de second tour devient un attrape tout, tout ce qui n'est pas derrière le candidat de droite. Dans les élections présidentielles et législatives, le candidat PS de second tour peine à incarner, à lui tout seul, toutes les divergences de gauche.

Ajoutons à cela que les élections proportionnelles où les listes peuvent fusionner favorisent

 

Quelle est l'alternative ?

L'alternative est de constituer un pôle dominant dans son camp entouré d'une myriade de petits partis. Ces petits partis (ni trop petits, ni trop gros) ne peuvent avoir comme ambition raisonnable que de faire entendre leur sensibilité sans jamais revendiquer le pouvoir.

 

Avoir plusieurs candidats, c'est ratisser large, c'est offrir une palette de solutions et donc une qui convient à chacun. Le comportement de l'électeur devient le traditionnel : au premier tour on choisit, au second on élimine (le candidat du camp d'en face).

 

Pour gagner l'élection, il ne faut jamais attaquer ses concurrents au premier tour pour rassembler ses électeurs au second. Mais en n'attaquant pas ses concurrents, on prend le risque d'être éliminé au premier tour.

 

Y a-t-il des conditions de réussite ?

Au regard de cette stratégie, l'idéal est de structurer la vie politique française en deux partis : la droite et la gauche. Ainsi, la tactique du ratisser large ne posera pas de problème, chacun partant sur un pieds d'égalité.

 

Comment l'Angleterre et les Etats-Unis connaissent-ils une vie politique à deux partis quand nous les multiplions ? Non en raison de la culture anglo-saxonne, mais en raison du mode électoral. Une élection à un tour rend obligatoire l'organisation politique autour de deux partis, la majorité et l'opposition.

 

Derrière cette stratégie électorale, Nicolas Sarkozy rêve d'une vie politique à l'américaine entre républicain et démocrate, débarrassé des débats idéologiques du siècle passé.

Mais après tout, si la gauche devait rester diviser cela ne le dérangerait pas.

Alors, il pousse au développement non monopolistique d'élections à un tour. Ainsi, la droite unique devrait tirer pleinement parti de sa structure au risque d'une faiblesse congénitale dans un certain type d'élection locale.


cajj

 

 

 

 

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mardi 6 octobre 2009

Analyse de la stratégie électorale et politique de Nicolas Sarkozy (1sur2)

(REFLEXION)

Il était une fois une France de droite UDF-RPR et une France de gauche PS-PC.
La droite a remporté des victoires 74, 78, 86, 93, 95.
La gauche a remporté les siennes 81, 88, 97.
Et puis Chirac a fondé une révolution en créant l'UMP, fédérant l'UDF et le RPR. L'UMP a gagné 2002 aux présidentielles et aux législatives. En 2007, pour la première fois depuis 1981, la majorité législative et présidentielle a été reconduite : la révolution était faite.

 

La ligne directrice de Nicolas Sarkozy est de continuer à fédérer la droite en l'élargissant sur la gauche avec l'ouverture et sur la droite en amalgamant Villiers et consort mais aussi l'électorat Front national.

 

À ce stade, quatre questions se posent :
Quelle est sa logique ?
Est-ce efficace ?
Quelle est l'alternative ?
Y a-t-il des conditions de réussite ?

 

Quelle est sa logique ?
L'idée est :
- faire le meilleur premier tour possible ;
- remporter le second tour grâce à l'avance prise au premier.
Quand un camp connaît une multiplicité de candidatures, il ratisse large. C'est-à-dire que plus l'offre (électorale) est diverse, plus les électeurs trouvent "une chaussure à leur pied", un candidat qui leur convient suffisamment pour qu'ils se déplacent aux urnes et mettent un bulletin en sa faveur. Au second tour, le candidat de ce camp peut s'appuyer sur les nombreuses voix qui sont aller nourrir les candidatures concurrentes et non-adverses, d'autant plus que ces candidats concurrents accepteront de soutenir, de se reporter, d'investir le premier d'entre eux.
Cette stratégie comporte deux limites. Premièrement : encore faut-il être au deuxième tour ! En 2002, la division de la gauche a affaibli le score de son premier candidat (Lionel Jospin) au point qu'il n'était pas au second tour. Deuxièmement, pour être en tête de son camp, il y a lieu de critiquer les candidatures concurrentes ; à force de critiques, on sort en tête mais on risque de s'être mis à dos une partie vitale des électeurs. Ce fût le cas de 81 et 88, la droite a fait le meilleur score cumulé du premier tour et a perdu le second.
Aussi, la solution Sarkozy, dans la filiation de Chirac 2002, consiste à fédérer son camp avant que ne se déroulent les élections ; ainsi, le candidat de la droite sera immédiatement propulsé dans un combat électoral de deuxième tour.


cajj

 

Posté par cajj6878 à 22:43 - REFLEXION - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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