Regard politique : le rendez-vous du mardi et du vendredi

Au-delà de l'actualité ! Au long du quinquennat de Nicolas Sarkozy, nous souhaitons apporter notre regard engagé sur les évènements. Repères, propositions, réflexions... rythmeront le blog. Nous vous donnons rendez-vous tous les mardis et vendredis.

vendredi 28 août 2009

Socialisme et sectarisme

AFP 14.08.2009
Rappelant le récent rapprochement avec l'UMP et ses alliés de la majorité du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers et des chasseurs de CPNT, Vincent Peillon déclare: "est-ce que nous serions les derniers sectaires et dogmatiques? Nous nous laisserions voler l'unité et le rassemblement?" "Seuls ceux qui n'ont pas confiance en eux ont peur des autres", fait-il valoir.


Vincent Peillon qui déclare "est-ce que nous serions les derniers sectaires" ? Enfin la vérité éclate !! Comme nous l'écrivons dans ce blog, la pensée marxiste ou néo-marxiste est une pensée qui définit le bien et le mal alors que la pensée de droite définit l'efficace et le moins efficace. En définissant le bien et le mal, vous vous enfermez dans des dogmes. Ces dogmes du bien et du mal, vous conduisent au sectarisme.

Oui, la pensée de NPA, du PC, des socialistes est une pensée sectaire.
Cela ne l'empêche pas de contenir des réflexions et propositions intéressantes. Sectaire est "Qui fait preuve d'intolérance plus ou moins agressive et d'étroitesse d'esprit à l'égard des opinions religieuses, philosophiques ou politiques d'autrui."

L'Histoire nous a débarrassé de la tragédie communiste. Il est temps qu'elle emporte le socialisme français. Il est temps que la gauche invente LA pensée politique de la gauche française débarrassée des scories du marxisme.

Ma position est bien claire : l'idéal de gauche n'a rien à voir avec la pensée néo-cagoularde d'un Mitterrand matinée d'union de la gauche et de programme commun.


cajj

NB : la pensée de la droite réactionnaire est sectaire ; mais la droite réactionnaire a disparu en 1958 grâce à de Gaulle et n'a connu qu'une vague entre 1975 et 1988.

NB2 : Vincent Peillon a à nouveau parler du sectarisme du PS dans son interview de ce matin avec Apathie sur RTL vers 3'50 sur le podcast.

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mardi 25 août 2009

La femme et son image

Comme c'est l'été, j'ai parcouru un Elle. Également, l'été nous a offert son spectacle sportif avec les mondiaux d'athlétisme.


Blanka_7b47803c46_mLorsqu'on met ces deux images l'une à côté de l'autre, celle de la femme mannequin, celle de la femme athlète, on ne peut que dire NON, la femme mannequin anorexique ne peut pas incarner l'image de la beauté, non cette femme-là n'appartient pas à mes canons de beauté !!!

 

Oui à la minceur ! Non à la maigreur ! Comment peut-on être aussi mince et aussi flasque ! Ces filles feraient bien de bouger leur corps et devenir des femmes. Pour moi, ce n'est que la promotion de l'être asexué qui convient à une certaine pensée homosexuelle de la mode, confortée par un suivisme béat !!

 

Que certaines athlètes sont belles  !!! Parole d'homme !

 

cajj

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vendredi 21 août 2009

Du développement durable au progrès durable : de l'exclusion du bonheur à sa réhabilitation (iii et fin)

Vers le progrès durable

Il ne s'agit pas d'opposer le collectif à l'individuel, bien au contraire. Il s'agit de les conjuguer ensemble.

 

Intuitivement, je rajouterai donc aux trois piliers du développement durable :

• le sens du libre choix : que fais-je personnellement au regard de l'environnement, de l'économique et du social ? A que m'apportent et qu'impliquent mes choix ?

• les institutions sociétales : la structure collective dans laquelle est plongé l'individu (école, système de santé, démocratie locale, vie associative, justice, ...).

 

Je propose une représentation sur la base d'une étoile à cinq branches. Le centre est la conjugaison de tout. Les branches de l'étoile nous proposent des conjugaisons partielles qui mériteraient d'être spécifiées. A qui de mes lecteurs l'honneur de commencer ce travail ?

Prog_dur



L'idée du bonheur

Les économistes et psychologues observent que la satisfaction d'atteindre un but est central au bonheur. On doit citer dans l'orbite du bonheur : une vie de couple durable ; une bonne santé ; un emploi rémunérateur ; l'appartenance à une croyance religieuse ; la confiance en son gouvernement ; la faible consommation de divertissement passif (style TV) ; l'évitement de la mobilité géographique ; l'inflation plutôt que le chômage ; pas de flexibilité ; pas trop de redistribution des revenus ; la qualité des relations humaines ; le travail ; le mouvement ; le flux...

 

Je retire de cette énumération que le système social dans lequel on est, est une part des choix qu'on fait. Ce qui implique que les choix de l'individu pèsent et que la structure institutionnelle pèse pour ce qui lui revient.
Sans oublier que le progrès durable ne peut pas être durable s'il est assis sur un développement qui ne le serait pas.

 

Comme j'aime à le dire, le bonheur des uns participe au bonheur des autres ; en ce sens, il est plus facile de se trouver une place au soleil quand la société est prospère que lorsque les autres sont miséreux. Construire les bonheurs des autres c'est aider au sien. L'ambition du collectif ne peut être que de servir le bien être, le bien vivre ensemble.

 

En conclusion, je ne sais pas si cette idée de progrès durable est un concept creux ou non. Par contre, je suis convaincu qu'une certaine humilité mal placée exclut de la réflexion et de l'action la question du progrès pour l'homme en tant qu'individu. Résoudre la question des crèches ou des maisons de retraite c'est intervenir sur le champ du bien vivre (ensemble).

 

Cajj

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mardi 18 août 2009

Du développement durable au progrès durable : de l'exclusion du bonheur à sa réhabilitation (ii)

L'idée de bonheur dans tout ça

Pourquoi parler du bonheur ? J'ai choisi de parler du bonheur car si celui-ci a une composante individuelle, il a aussi une composante collective.
De plus,
selon les dernières thèses scientifiques, le bonheur est un des fondements les plus importants du développement de l'espèce humaine. À l'inverse, on doit s'interroger sur l'impact à long terme de l'absence de bonheur, impact notamment sur le développement de la civilisation occidentale capitaliste.

Si le développement durable a quelque chose à voir avec l'harmonie (environnement-social-économie), il n'a que peu à voir avec le bonheur. La politique peut-elle avoir quelque chose à faire avec le bonheur ? Si comme le disait le poète Jean Marie "le bonheur c'est un moment de paix dans un flot d'emmerdements", alors la politique s'adresse non pas au bonheur mais au bien-vivre !! Combien de village revendiquent-ils le bien-vivre ensemble !!???

Le développement des cinquante dernières années est un fiasco en terme de bonheur/ bien-vivre malgré les 35 heures et le ministère du temps libre.
Ceci serait moyennement grave tant qu'on ignore que le bonheur joue un rôle décisif dans la survie de l'espèce humaine. Ceci serait moyennement grave si nous ne cherchions pas à donner un sens à la vie.

mug

Egalement celà nous amène à une seconde réflexion : le développement qui n'intègre pas l'individu peut-il être source de sous-développement de l'Homme ? Je définit ici le sous-développement par : mouvements sectaires, conduites addictives, intégrismes liberticides, dépravation, dépression, hooliganisme, dégénérescences sexuelles (pédophilie, zoophilie), violence urbaine ou conjugale, ... Nous ne souhaitons pas ici aller plus loin dans la réponse ; elle nécessite la mesure sérieuse des choses dans le temps ; aussi, laissons la question posée.

Je propose, donc, d'essayer de dépasser la notion de développement durable. Le développement n'ayant pas de connotation positive ou négative, je propose d'envisager la notion de progrès durable. En posant cette notion, je veux évoquer un développement qui intègre l'individu et qui ne s'arrête pas au communautaire.

Évidemment, une fois l'idée lancée en l'air, il reste à lui donner de la substance.

La modernité c'est le basculement de la tradition à la liberté ; sur le plan intellectuel, cette évolution marque le siècle des Lumières. Mais constatons que jusqu'en 1950, la vie des individus était réglée par la (une certaine) tradition. Les femmes mourraient en couches, les hommes à la guerre, les rescapés de la grippe espagnole, les enfants les uns avant les autres, ... on ne faisait pas d'études, on tachait de travailler dur pour gagner peu.
Depuis les années 50, chacun choisit sa vie : marié ou non, avec enfant ou non, avec vie sexuelle ou non, hétérosexuel ou homosexuel, employé exploité ou riche pisciniste... ainsi, chaque marque automobile donne, à ses propects, le choix d'une quinzaine de modèles ; trente ans plus tôt, c'était trois et on les renouvelle plus vite qu'un bail. Sur le plan matériel, selon la terminologie marxiste, la liberté réelle se confond de plus en plus avec la liberté formelle : l'inséré professionnel (ouvrier, employé, ...) a la même chose que le bourgeois qui peut travailler mais en plus petit (voiture, vacances, mutuelle, logement, loisir, retraite, ...).
(Ce qui n'est pas le cas de l'exclu, du chômeur longue durée, bien évidemment).

cajj

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vendredi 14 août 2009

Du développement durable au progrès durable : de l'exclusion du bonheur à sa réhabilitation (i)

Le développement durable : un concept déjà dépassé

dev_durable


Depuis quelques années, nous avons conceptualisé le développement durable et le schéma ci-dessus le modélise. La société s'essaye à donner corps à ce concept : comment, au quotidien, construire une croissance favorable à l'environnement et au social ; en France, on parle de Grenelle de l'environnement, d'Agenda 21.

 

J'ai la faiblesse de croire qu'après la crise, tout risque de recommencer comme avant. J'ai la faiblesse de croire que nous sommes à un tournant et que le nouveau monde peut s'inventer aujourd'hui avant de reprendre les mauvaises habitudes.

 

A l'occasion de ce tournant et de cette réflexion, je me demande si le développement durable n'est pas déjà un concept à dépasser, un concept de l'ancien monde ?

 

"Mes anciens collègues envient ma vie, un peu moins mon compte en banque" dixit Laurence Shorter, ancien de la City in "Le secret de l'optimiste". Cette citation pose, dans le monde d'aujourd'hui, la question du bonheur et de son sens.

 

Il est paradoxal que l'Occident rencontre, depuis 50 ans, d'un côté une ère de prospérité économique sans pareil, des progrès technologiques exceptionnels, une médecine avec des résultats, une période de paix durable, des acquis sociaux qui s'additionnent, et de l'autre une baisse du sentiment du bonheur. On parle à cet endroit du syndrome japonais, peuple heureux et démuni en 1950, peuple conquérant (commercialement), bien pourvu et peu heureux en 2000.

 

Poser la question du bonheur, c'est poser la question du sens de notre civilisation. À quoi tout cela sert-il si ce n'est pas pour le bien de chacun et de tous ?

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mardi 11 août 2009

La France centre de l'économie-monde ?

Quel sera le nouveau leader de l'économie-monde ? Aujourd'hui, après Boston et New York, la Californie est le centre. Cela fait 120 ans que les Etats-Unis ont pris la primatie de l'économie.

Je ne sais pas et je n'ai pas les données pour imaginer le monde de demain. Je ne saurai avoir l'intuition de l'avenir.
Néanmoins on peut faire quelques observations. Les centres d'économies monde sont avant tout (n'en déplaise au tenant de l'industrie) des noeuds de fluence autrement dit des noeuds de circulation, proposant les conditions d'un développement marchand très dynamique. (1)

Il est mieux que cette activité marchande soit soutenue par une force militaire qui sécurise le commerce (à dimension internationale) et par la présence à proximité d'une production à exporter et d'un pouvoir d'achat importateur.

La France réunit tout cela. Avec les Etats-Unis et l'Angleterre, elle sécurise les mers du monde et le commerce international. Que seraient les tankers qui ne pourraient atteindre leurs destinations, arraisonnés par les pirates !!!
Elle a su, au fur et à mesure des décennies, développer un savoir marchand de très bonne qualité à défaut d'être le meilleur du monde. Nous sommes, décennies après décennies, un des plus gros exportateurs par tête d'habitant ou même le quasi-meilleur hors les pays pétroliers ; nous sommes peut-être très mauvais et plein de faiblesses, mais les autres sont pires hors l'Allemagne, la Hollande, ...

Qui plus est la France a quelques atouts secondaires : un niveau de formation de très bonne qualité, un bon réseau universitaire, une ouverture au monde et à ses élites, quelques entreprises d'excellences internationales (Total, LVMH, Renault, Peugeot, Michelin, Accor, L'Oréal, Danone, Bouygues, Alsthom, Areva, Axa, BNP-Paribas ...).

Que peut-on dire des grandes évolutions de la consommation sur ses 60 dernières années : le divertissement, la santé et les seniors pèsent de plus en plus lourd.

Que peut-on dire des évolutions économiques en cours ? Les pays émergés (Inde, Chine, Russie, ...) produisent par dizaine de milliers de nouveaux millionnaires.

Constatons que la France est devenu le premier pays touristique au monde.
Constatons que la France est devenu le premier pays d'accueil des (riches) retraités (notamment anglais).
Constatons que notre système de santé est à la pointe comme celui de prise à charge à domicile.
Constatons que nous avons une démographie dynamique et que la jeunesse de demain ne trouvera pas d'emploi en usine sur le territoire métropolitain.
Constatons que la capacité à mettre en valeur notre patrimoine géographique, historique, culturel, gastronomique, ... est exceptionnelle. Connaissez-vous un village de France qui ne propose pas son festival ?
Constatons que notre industrie et artisanat agro-alimentaires est le meilleur du monde.
Constatons que la France est un des pays les moins peuplés au km2. En annexe, je vous ai pris une photo d'Auribeau, côte d'azur ; la mer et Cannes sont dans l'axe de vue. Il n'y a qu'arbres verts et jolies maisons dans une région réputée pour son bétonnage.

Auribeau

Demain, dans 20 ans, la France peut prendre une place originale dans l'économie mondiale et financièrement lucrative (sans doute) : être le pays touristique et la maison de retraite des millionnaires du monde qui voudront un peu de soleil, beaucoup de culture et le meilleur savoir-vivre au monde.

La seule faiblesse potentielle tient à notre capacité à proposer de la main-d'oeuvre pour l'aide à domicile qui permette un coût de la vie compétitif. Sera-ce du personnel Pakistanais de passage ?
La deuxième faiblesse serait de trop laisser les immondes centres commerciaux d'extérieur de villes polluer les paysages avec l'appui des misérables éoliennes.


En attirant les vieux cadres les plus dynamiques du monde, elle fera venir, comme aujourd'hui et plus encore, quelques entreprises clé pour soutenir une activité économique de qualité.

Je ne sais pas si la France deviendra un centre d'économie-monde. Mais elle a assurément des atouts maîtres dans le monde de demain autour du tourisme et des seniors.

Cajj

(1) : je vous renvoie aux autres articles de ce blog ; un sommaire est à votre service.

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vendredi 7 août 2009

De la chute des civilisations à la chute de l'Occident capitaliste

Le monde égyptien a régné puis disparu
Le monde grec a régné puis disparu.
Le monde romain a régné puis disparu.
Idem pour l'islam, les civilisations amérindiennes, en partie idem pour l'Europe en faveur de l'Amérique du Nord.

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Notre civilisation va-t-elle disparaître ? Va-t-elle faire place à autre chose ?

 

Il est une rupture définitive dans l'Histoire de l'humanité. Plus aucune chute de civilisation ne peut être comparée au temps présent. Quelque chose a radicalement changé.

 

En 1980, tout le monde pensait que le Japon allait prendre le leadership mondial. Le Japon a intégré l'Occident mais ce n'est pas l'Occident. La primatie du Japon aurait marqué le début d'autre chose. Mais cela ne s'est pas produit.
Deux raisons expliquent cela. La première tient au Japon lui-même ; pris dans ses contradictions et ses limites, il n'a pas su imposer son originalité ni à lui-même ni au reste du monde. La seconde tient à l'Europe-Amérique ; en 1980, nous savions que notre civilisation, que notre système était en difficulté ; pour la première fois, une civilisation a eu conscience de son déclin et de l'avènement de l'autre ; elle a observé le Japon et a décidé d'aller de l'avant.

 

Je me souviendrais toute ma vie des débats à l'Assemblée nationale, au début des années 90, sur l'ouverture du marché français aux automobiles japonaises. Beaucoup s'inquiétaient de la disparition de l'industrie automobile française ; Jacques Masdeu-Arus député-maire de Poissy (Ford-Simca-Peugeot) en était le porte-parole. Quelques années plus tard, en guise de disparition, Renault a racheté et relancé Nissan. Quel retournement !

 

En 80, l'Amérique, hyper-phénix de l'économie moderne, sous l'impulsion de la Californie a entraîné le monde dans la révolution du PC, de l'internet et des outils du nomadisme : IBM, Microsoft, Intel, Apple, ... et l'ipod a balayé le walkman.

 

Nous sommes en crise. Mais nous le savons. Nous savons pourquoi. Nous savons ce qu'il faut faire. Nous le faisons. Bien, moyennement bien, mais nous faisons face à la crise comme le patient affronte la maladie avec ses médecins.

 

Demain, l'Europe et les Etats-Unis d'Amérique retrouveront une nouvelle croissance. Ce qui n'est pas contradictoire avec le fait de voir apparaître un nouveau centre de l'économie monde.

 

Quel sera ce nouveau centre ? De quoi sera-t-il fait ? La France et son "fameux génie" pourrait-elle le devenir ? Je n'ai pas la réponse, mais je vous propose d'en parler dans un prochain article.

 

cajj

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mardi 4 août 2009

Parlement européen : Strasbourg à Bruxelles

J'ai toujours trouvé qu'il y avait un paradoxe passionnant pour les Français de réclamer que Strasbourg reste capitale du Parlement européen.
Ce paradoxe est d'autant plus intéressant quand cette demande émane de pro-européens.

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Si on est pour l'Europe, on doit être favorable à ce qui lui permet de bien fonctionner. Tout le monde est d'accord pour dire que l'éloignement entre Strasbourg et Bruxelles, l'une siège du Parlement, l'autre siège de la Commission est matériellement coûteux et est source d'inefficacité.

Au moment de la construction européenne cette répartition était logique. Mais aujourd'hui une évolution doit être mise en oeuvre.
Avec ce déménagement, les Français intégreront totalement, enfin, que l'Europe, ce n'est pas un club au service de la France.

Il y a presque trente ans, Margaret Thatcher, Premier ministre britannique, voulait "my money back". Concrètement la somme des contributions anglaises devait être égales aux financements européens en faveur de l'Angleterre. Pour un pays et une majorité peu favorables à l'Europe, c'est une position politique cohérente. Dans la foulée, certains élus français prirent la même position, assez ridiculement mais tristement en phase avec l'électorat.

Non, être Européen, c'est accepter que notre pays finance les autres (à charge de revanche, bien sûr). Être européen, c'est accepter que le Parlement siège à Bruxelles. Être européen, c'est comprendre que si l'Europe est au service de la France, l'idéal de l'Europe, des pays et des peuples européens n'est pas celui de la France, n'est pas celui des Français.

Les tenants de l'Europe fédérale (Bayrou) surfe sur une illusion, celle que l'Europe sera le vassal de la France et que l'intégration totale à l'Europe servirait l'idéal français. A moins qu'on considère que la France ait eu tort de ne pas vouloir s'engager en Irak avec Bush et qu'on considère que si l'Europe fédérale existait, la position de la France aurait été justement bâillonnée. À moins qu'on considère que la diversité des cultures est un héritage hérétique du Moyen Âge et que seule l'européanisation permettra de mettre le peuple de France au diapason dans une culture unique. Et pourquoi pas une restauration de la monarchie et la fin de 1905 pour être au diapason ?

Être pour l'intégration européenne, c'est accepter des compromis, c'est accepter le recul des positions françaises (notre idéal de service public, notre conception de l'intégration, notre sécurité sociale,  ...). Être contre l'Europe, c'est vouloir que la France se meure avec ses idées.

Entre les deux, Sarkozy et avant lui Chirac ont tenté de trouver un juste équilibre qui préserve la construction européenne et le respect des identités nationales. Il manque un corpus idéologique à cette volonté pragmatique ; mais je veux croire que l'avenir regardera cette période de tâtonnement comme une période constructive.

Je ne suis pas pour le déménagement de Strasbourg à Bruxelles. Je dis que la cohérence impose que si on est pour l'Europe alors on est pour la fin de Strasbourg, le contraire étant inimaginable.

cajj


NB 5.08 : Manu, dans son commentaire, apporte une analyse et des arguments pertinents pour soutenir Strasbourg. Je vous invite à les lire. A la suite de ces arguments, je souhaite rebâtir ma propre conclusion.

Je ne suis pas pour le déménagement de Strasbourg à Bruxelles. Je suis pour que la majorité européenne puisse trancher la question sans veto de la France et en écoutant les propositions françaises.

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