Il faut que des conditions soient réunies pour qu’une nouvelle technique passe du stade l’invention au stade de l’application généralisée dans un système productif. Ces conditions ont été réunies en Angleterre.
On remarque dans l’histoire de l’Europe le développement de villes comme Venise ou Amsterdam. Ces dernières ont connu une prospérité exceptionnelle . Mais ces villes n’ont , à l’époque de leur prospérité , rien produit. Etonnant dira-t-on, on peut être riche en ne produisant rien ! Leur prospérité a reposé sur leur capacité à organiser l’échange entre deux mondes. Pour Venise ce fut l’échange des productions du Saint Empire Romain Germanique contre celles de l’Empire Ottoman tandis qu’Amsterdam contrôla l’échange entre l’Europe et le Nouveau Monde . Toutes les deux étaient des lieux d’échanges , de circulation . Et quand Amsterdam vivait dans l’opulence , la France de Louis XIV rayonnait de puissance. Cette puissance prenait sa source dans la production (les manufactures de Colbert) mais cette dernière ne générait, comparativement, nullement de richesses.
Au sens de puissance nous entendons pouvoir politique.    
La grande force de l’Angleterre a été de réunir en un même lieu, les Îles Britanniques , un espace de production, par la maîtrise technologique, et de circulation, de par sa situation insulaire. Ce mélange usine-banque, l’un symbole de la production , l’autre de la circulation , a été détonnant .

Notre monde est donc caractérisé par cette formidable et unique association de la richesse et de la puissance, de la circulation et de la production.
Du fait de cette association nous distinguons mal ces deux notions que nous croyons obligatoirement imbriquées. Pourtant un exemple flagrant a longtemps été sous nos yeux. Quand l’URSS était un pays, grand producteur, très puissant et peu riche, la CEE était un espace de circulation, très riche et extrêmement peu puissant.

Le schéma ci-attaché illustre ce qui est du côté de la puissance et ce qui est du côté de la richesse. Tab_puissance___richesse

CAJJ