LE GAULLISME

C'est une tendance qui a aujourd'hui disparu du paysage politique. Mais il est à noter que les Présidents Chirac et Sarkozy ont été élevés dans le gaullisme et sont de fait des héritiers, sans que cet héritage les engage. Aussi, il n'est pas inutile de proposer une définition, d'autant qu'elle est rarement proposée. Pour ceux qui veulent approfondir la question, je vous renvoie au très bon article de Ch. J. sur oboulo.com (taper gaullisme définition) que je me permets de citer abondamment.

La spécificité du gaulliste peut se décrire autour de cinq piliers :
— La Nation, sans nationalisme mais avec l’idée d’une exception française. L’exception française c’est le message universaliste que l’on doit être capable de délivrer au monde.
— Un humanisme dont la base est la liberté et l’individu. L’humanisme socialiste a comme base l’assistanat et la collectivité.
— Les institutions de la Vème qui sont l'association entre l’autorité de l’Etat et la liberté du Parlement.
— L’idée de rassemblement par une synthèse conçue comme un dépassement et non comme un compromis. Aussi le consensus à la Rocard des années 88-91 apparaît comme le contre-exemple ; il s’agit là d’un consensus mou, c’est-à-dire de l’union autour du plus petit dénominateur commun. La synthèse par dépassement veut rassembler autour de ce qu’il y a de meilleur chez chacun sans être ni contradictoire, ni exhaustive.
— L’idée d’une société de participation que ce soit dans l’entreprise, dans la vie locale ou encore dans la vie nationale ; pour cette dernière, les partis ont un rôle de médiateur de la vie politique, le référendum permettant, quant à lui, l’expression directe du peuple. Cela étant dit, il ne faut pas confondre pratique référendaire et démocratie directe ; les gaullistes sont attachés à la démocratie représentative (les citoyens élisent des représentants pour les représenter, débattre et trancher des questions), le référendum ne doit en aucun cas devenir d’un emploi systématique.

Sur la base de ces cinq piliers, le gaullisme est un comportement : intransigeance sur les points essentiels. La France est entière ou n’est pas. “La démocratie pour moi se confond avec la souveraineté nationale” (Charles de Gaulle). “On est souverain ou on ne l’est pas, mais on ne l’est jamais à moitié” (Philippe Séguin), d’où l’intransigeance des gaullistes sur cette question-là comme sur la constitution ou encore sur d’autres sujets essentiels.

Ajoutons ou soulignons en complément que le gaullisme s'inscrit dans un volontarisme politique. L'idée de refus du fatalisme, c'est l'idée que le politique peut décider de l'avenir du monde et que l'histoire n'est pas un chemin inéluctable (appel du 18 juin 40). En ce sens, c'est le contraire d'un conservatisme.

CAJJ